5 permacultrices pionnières à connaître absolument !

La permaculture, c’est un peu comme la littérature – demande à la première venue de te citer 5 auteurs et te voilà servie. Demande 5 autrices… et si tu en obtiens 2, tu pourras t’estimer heureuse.

Malheureusement, le mouvement permaculturel à l’heure actuelle, reproduit les travers habituels du patriarcat : main-mise par les hommes blancs, tendance à la dépolitisation et à la marchandisation… Comme dirait l’autre, « on prêche et on enseigne le people care, mais on ne l’applique pas » (sans blague !).

La bonne nouvelle, c’est qu’on peut chacune à notre façon contribuer à réparer ces injustices. Par exemple en se renseignant sur les pionnières de la permaculture, ce qu’elles ont fait, qui elles ont inspiré… et en parler !

Je te propose donc de célébrer avec ce billet l’engagement toujours croissant de femmes dans la permaculture et ce depuis ses premiers pas – et de ne pas te faire coller par la première venue 😉 !

5 pionnières de la permaculture à connaître absolument !

Robyn Francis

Robyn a contribué à répandre la poudre de perlimpinpin… euh de permaculture assez tôt ; en 1987, elle reprend les rênes du Permaculture International Journal qui connaît alors un grand succès et porte le message à travers tout le pays (Australie).

Elle commence à enseigner des CCP dès 1984, et ce à travers le monde entier. Il me semble intéressant de noter, au passage, que certains de ces cours ont été adaptés aux spécificités culturelles locales, comme lors d’interventions auprès de communautés d’Aborigènes en Australie – 100% people care pour le coup.

Robyn a également créé la ferme expérimentale de Djanburg Gardens en 1993… ou comment régénérer les sols et transformer une ancienne pâture lessivée en paradis d’abondance. Djanburg Gardens sert également de centre de formation et de siège au Permaculture College of Australia – autre initiative de Ms Francis.

On pourrait encore en écrire des kilomètres vu la densité du parcours de Robyn – on peut dire qu’elle n’a pas perdu son temps.

Rosemary Morrow

C’est en 1978 que Rosemary découvre la permaculture – l’année de publication de Permaculture One, dès le tout début… ce qui lui fait déjà 40 ans de pratique au compteur ! Pour elle, la permaculture est devenue une vocation : l’éthique et le design l’ont séduite.

Rosemary a passé la majeure partie du reste de sa vie à enseigner la permaculture, écrire des livres sur la permaculture et comment l’enseigner – son Earth User’s Guide to Permaculture et le manuel de la prof The Earth User’s Guide to Teaching Permaculture ont d’ailleurs connu un grand succès. Elle a également engagé beaucoup de temps et d’énergie à travailler avec fermières et villageoises de populations fragilisées par le grand duo capitalisme/colonialisme (Afrique, Asie du sud est et Europe de l’est) ainsi qu’avec les premières victimes du changement climatique (îles Salomon) et celles de la crise financière de 2007-2008 (Portugal, Espagne, Grèce).

Elle a également transformé plusieurs de ses propriétés rurales d’Australie et de Tasmanie en modèles de modes de vie régénératifs et a fondé le Blue Mountains Permaculture Institute dans les Blue Mountains – on s’en serait pas douté ! – en Australie.

En bref, Rosemary a fait un sacré boulot et on l’en remercie !

Maddy Harland

C’est en 1990 que Maddy découvre la permaculture. A l’origine de cette découverte : le film In Grave Danger of Falling Food (« En grave danger de pénurie de nourriture », plus ou moins) de Bill Mollison. Cette découverte a complètement bouleversé sa vie, jardin et boulot compris.

Elle fonde alors la maison d’édition Permanent Publications avec son mari et publie ainsi les tout premiers livres de permaculture axés sur l’agriculture et le jardinage en climat tempéré. Deux ans plus tard, en 1992, la revue trimestrielle Permaculture Magazine était née – qui continue de tourner à l’heure actuelle et s’est répandue au-delà de l’Atlantique.

A côté de ça, elle s’affaire à transformer son jardin – morceau de terre exsangue – grâce aux outils permaculturels qu’elle découvre et s’approprie, jardin désormais quasiment autonome – Maddy affirme n’avoir qu’à faire quelques rares désherbages et tailles et que l’écosystème est suffisamment équilibré et varié pour s’auto gérer.

Et tout ça sans compter ses engagements dans de multiples projets d’éducation – elle fonde notamment le Sustainability Center (centre de durabilité – ouais, ça en jette moins en français) dans le Hampshire – et les jolis livres dont elle a égayé l’intelligence collective.

Starhawk

Tu la connais sûrement de nom. Très engagée, connue comme activiste anti-nucléaire et pro justice sociale à l’échelle mondiale, Starhawk s’est surtout imposée comme référence pour son travail autour du culte de la Déesse qui a beaucoup inspiré aux États-Unis.

C’est en 1996 qu’elle rencontre la permaculture, et elle commence à l’enseigner dès 2001 avec Penny Livingston-Stark. Elles ajoutent au CCP classique la dimension spirituelle de lien à la terre ainsi qu’un enseignement sur l’organisation de mouvements activistes, la stratégie politique et l’action directe, une joyeuse tambouille qui a donné naissance à l’Earth Activist Training – encore en fonctionnement à ce jour.

Outre ses activités d’enseignement à l’EAT et ses multiples camps de sorcières, Starhawk écrit beaucoup de livres : des essais sur le culte de la Déesse et la pratique de la magie, d’autres axés sur la permaculture sociale et l’organisation de communautés, ainsi que des fictions écoféministes.

Sur tous les plans, elle a énormément œuvré à l’empowerment (émancipation) des femmes comme à la régénération de la terre.

Looby Macnamara

Looby a découvert la permaculture à la toute fin du XXème siècle, en 1999. Sa découverte a, je cite, « éveillé en [elle] une force vitale créative » – tellement habituel que ça en deviendrait presque banal !

Looby, son truc, c’est la permaculture sociale. La permaculture appliquée aux humaines, individues comme communautés. C’est elle qui a la première abordé cet aspect-là de la permaculture, qu’elle a rendu accessible dans son livre à succès People and Permaculture. Elle part du principe que se concentrer sur l’attention à/le soin ainsi que sur le design pour les humaines entraîne une plus grande efficacité dans le soin et la guérison de la planète, par ricochet.

Elle a aussi pas mal réfléchi aux problèmes de conditionnement et a écrit un autre bouquin destiné à accompagner le changement de modèles de pensée culturels et personnels, histoire de passer en mode régénératif.

Looby a créé le Design Web (Toile de design) un système de design holistique réputé et très utilisé dans le milieu de la permaculture, auquel elle forme actuellement le mouvement 8 shields – tellement d’articles à écrire en perspective !!!

Elle fait également de la recherche sur la thématique de l’Émergence Culturelle avec Maddy Harland, Starhawk et Jon Young, sans compter son travail de design et d’implémentation sur sa « petite » propriété d’Applewood qui fait également office de centre de formation…

Et une hyper-productive de plus, une !

De discrètes pionnières…

Alors qu’on n’a aucun mal à trouver plus d’informations qu’on n’en voudrait sur le premier pékin venu s’auto-proclamant permaculteur, trouver des infos sur ces pionnières de la permaculture n’est pas toujours simple. Le patriarcat sait bien y faire pour faire taire la « dissidence »…

Permacultrices !

Toujours est-il que ces femmes ont fait beaucoup pour faire de la permaculture ce qu’elle est aujourd’hui. Sans elles, la donne aurait certainement été toute autre.

Te voilà donc avec la preuve – s’il en fallait une – que les femmes ont depuis les débuts toute leur place dans le mouvement permaculturel – comme partout, en fait, j’ai envie de dire.

Oui, nous sommes là. Oui, nous sommes nombreuses. Oui, nous sommes légitimes. Oui, nous sommes permacultrices !

Et nous le dirons toujours plus haut, toujours plus fort.

As-tu des pionnières à ajouter à la liste ? L’espace commentaire est à toi !

+ d'inspiration ?
On peut se retrouver dimanche dans ta boîte mail.

2 Comments

  1. anaïs

    Hello, je viens de trouver ton blog en tappant tout les mots clefs possible reliants feminisme et permaculture, je pense que tu es la quasi la seule à parler de ça …Merci pour ces infos précieuses, je vais approfondir les recherches sur les personnes citées, et voir si je peux trouver les bouquins. Je m’informe pas mal sur ce sujet et l’autonomie en général et les contenus qu’on trouve sont quasi toujours des contenus de mecs (sic), du coup je me demandais si il y avait du contenu fais par des meufs, des collectifs de transmission de savoir ou de formation en non mixité choisie et c’est le vide sidéral 🙁
    J’ai trouvé la chaine de ta mère nature mais c’est tout…
    A mon avis il doit y en avoir mais trouver ces réseaux est compliqué, si tu as des infos je suis vraiment preneuse.

    1. Hello ! Ravie que tes recherches t’aient amenée ici, bienvenue !
      En fait, il y a de l’info, mais surtout en anglais – par exemple si tu fouilles chez Nicole Vosper d’Empty Cages Design et/ou les permacultrices qui forment la Permaculture Women’s Guild. En français, j’avoue n’avoir rien trouvé – et c’est aussi un peu pour ça que je partage sur le sujet, pour combler le vide 😛
      Si tu veux des infos plus précises ou échanger, n’hésites pas à me contacter par mail !

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