L’argent est-il méchant ?

Entre ceux qui en rêvent la nuit et ceux à qui il semble brûler les doigts, l’argent fait débat. Pour autant, l’argent est-il méchant ? Tu sais bien que non, mais on va quand même en parler.

Certain.e.s le vénèrent, d'autres le haïssent : l'argent. Pourtant, a-t-il des intentions néfastes ? Eléments de réponse - et de réconciliation - dans cet article !


Il semble communément admis chez nous-autres Hexagonaux que celleux qui n’ont pas d’argent le détestent et que celleux qui en ont ne jurent que par lui. Facile de concevoir que le manque peut créer du ressentiment. Dommage de se gâcher la santé et l’humeur pour des raisons strictement matérielles.

L’argent ne fait pas le bonheur (il y contribue)


Voilà un adage qu’on a toutes entendu. C’est normal : le capitalisme, ça se travaille au quotidien ! Le monde dans lequel nous vivons actuellement – principalement en Occident, bien que la mondialisation répande son fiel partout ou presque – fonctionne exclusivement grâce à l’argent : c’est l’argent qui régit l’économie, bien entendu, mais lui également qui dicte les règles sociales, politiques, alimentaires, la santé… Puisqu’il est partout, il est un peu le dieu que l’on prête volontiers aux occidentaux, et qui serait un maître cruel, froid et calculateur.

En effet, sans argent, point de salut ! A moins de s’écarter quelque peu des sentiers battus…

L’argent, un super méchant ?


Je ne fais pas durer plus longtemps le suspens : non, l’argent n’est pas intrinsèquement mauvais. L’argent, c’est un objet inerte (quand on parle d’espèces) ou une simple « invention », une valeur abstraite (dans le sens mathématique de valeur ; un nombre quoi). Il ne souhaite nuire à personne.

L’argent, un manipulateur insidieux ?


C’est le cas seulement quand on ne s’interroge pas sur les raisons pour lesquelles on fait ce qu’on fait avec son argent. De la même manière que certaines personnes qui ont une forme de pouvoir (politique, religieux, social, etc.) l’utilisent pour faire ce qu’elles pensent juste, certaines l’utilisent à leur propre bénéfice ; très souvent, l’intérêt personnel nuit à l’intérêt général. Il s’agit-là de savoir prendre du recul.

Sinon, en vrai, c’est quoi l’argent ?


Je ne vais pas te faire une leçon d’histoire (ou de préhistoire), mais voici quelques rappels/éléments de réflexion.

Avant l’argent, il y avait le troc. Pour obtenir un bien que l’on ne savait pas produire soi-même, on allait voir le voisin, ou le village voisin, et on lui proposait nos créations contre les siennes. Ça permettait à chacune de se concentrer sur ce qu’elle savait/pouvait faire le mieux, sans pour autant devoir se priver de ce qu’elle était incapable de faire. Ainsi, chacune pouvait trouver de quoi satisfaire ses besoins/envies. Cela créait également du tissu social : on était obligée de rester en bons termes avec les autres si l’on voulait pouvoir faire des échanges avec elles. Le commerce, c’est un motif de guerre, mais aussi de paix.

Sauf que voilà : quand on produit uniquement des patates et qu’on veut, disons, s’offrir un super torque trop tendance, ça peut vite représenter un sacré paquet de patates. Est-ce que l’orfèvre a besoin de toutes ces patates qu’il faudrait à notre patatière préhistorique pour pouvoir acquérir l’objet de sa convoitise ? Est-ce que toutes ces patates pourront se conserver assez longtemps pour qu’elle puisse toutes les consommer ? Est-ce que tout le monde n’a pas déjà tellement de patates qu’elle ne pourra plus les échanger contre d’autres biens par la suite ?

Le troc, ponctuellement, c’est chouette, mais que ça devient vite impraticable quand on se trouve face à des échanges de valeurs très différentes. C’est là que l’argent entre en jeu. L’argent, au contraire de la patate, ça se conserve sans date limite de péremption (sauf quand on change de monnaie, mais ça n’arrive pas si souvent que ça, hein, soyons honnête). L’argent représente une valeur fixe (enfin, sans compter les cours de la bourse), et il permet de tout acquérir. Notre patatière préhistorique peut ainsi troquer ses patates contre des pièces, puis ses pièces contre le torque. Et l’orfèvre pourra quant à elle utiliser sa caissette de pièces au rythme qui lui conviendra, pour acquérir tous les produits qui lui sont nécessaires. Les pièces, ça voyage aussi mieux que les patates.

Bref, l’argent, c’est un outil, un simplificateur de troc. Et comme tout outil, il sert les intentions de cellui qui l’utilise.

Je te prends un exemple bateau : le couteau. Dans ta cuisine, si tu manges autre chose que des plats préparés de la grande distribution (ce que j’espère et te souhaite de tout mon cœur ; sinon, il est temps de t’y mettre), tu as certainement des couteaux. Des couteaux qui coupent, de préférence – t’as déjà essayé de couper un choux rouge avec un couteau à beurre ? Tes couteaux peuvent te servir à te préparer de délicieux petits plats, éthiques, sans cruauté, 100% bonheur, amour et plaisir. Tu peux donc choisir de faire le bien avec tes couteaux. Si tu prends le cas d’un psychopathe, lui, ses couteaux, il va plutôt s’en servir pour blesser, tuer, mutiler. Il fait le choix d’utiliser ainsi ses outils. Va-t-on pour autant interdire un outil aussi pratique que le couteau sous prétexte que certains en font « mauvais usage » ? (je mets les guillemets, parce que le mal et le bien restent des notions très subjectives, même si nous partageons sans doute le même point de vue concernant les agissements dudit psychopathe). Note aussi que le psychopathe peut aussi faire de bons petits plats… et qu’il ne s’appelle pas forcément Hannibal Lecter.

Je ne fais pas insulte à ta sagacité en te précisant que pour l’argent, c’est pareil que pour les couteaux : c’est un outil, et il n’a pas d’autre vocation que de servir à ce à quoi on l’utilise.

Apprendre à aimer l’argent


Alors, non, je ne veux pas dire par-là qu’il faut que tu deviennes obsédée par l’argent, que tu dois le vénérer et ambitionner de faire concurrence à Picsou, loin de là ! Mon propos est tout autre.

Si tu t’intéresses un peu à la psychologie positive, tu sais sans doute qu’entretenir des pensées négatives nuit à ton humeur, mais également à ta santé. Il a été prouvé que ruminer et avoir des sentiments tels que la colère ou l’anxiété t’enferme dans un schéma négatif et dégrade petit à petit ton état général. On pourrait ainsi perdre plusieurs années d’espérance de vie en se focalisant sur ce qui nous fait du mal.

Si tu t’intéresses aussi à des choses plus « abstraites » – je ne dirais pas mystiques, même si c’est certainement ainsi que beaucoup les qualifieraient – tu as peut-être déjà entendu parler de la loi d’attraction : pour obtenir quelque chose, il faut aimer la chose en question, s’imaginer l’avoir en sa possession. Et hop ! Par la force de la visualisation, tu fais ton chemin vers le succès de tes objectifs ! Rien de magique là-dedans, c’est plutôt du conditionnement – à voir et répondre favorablement aux opportunités, principalement.

Aimer l’argent est donc un premier pas vers la possibilité d’en gagner plus.


Aimer l’argent, ça ne veut pas dire te rouler sur ton portefeuille tous les soirs ou faire des cadeaux à ton banquier. Ça implique aussi d’aimer le dépenser. D’aimer tes factures. Oui, oui, d’aimer tes factures ! Parce que là où tu ne vois présentement qu’une amputation de tes biens (« j’ai perdu 500€, c’est la dèche ! »), il vaut mieux apprendre à voir le gain que tu as fait (« je vais enfin pouvoir prendre des douches chaudes maintenant que j’ai changé mon cumulus ! »). Et toutes tes factures – à part les amendes pour conduite imprudente, l’exception qui confirme la règle – représentent un gain : avoir de la lumière chez toi le soir, te laver sans devoir aller chercher l’eau à 10km, faire un ou plusieurs bons repas, avoir accès à un système de soin plutôt efficace, pouvoir utiliser des routes entretenues, te faire sauver par des pompiers… En fait, il s’agit juste de voir le verre à moitié plein.

Alors, c’est sûr, au début, on se dit que c’est rien que des bêtises pour pauvres pas si pauvres que ça. Mais en vrai, et c’est valable pour énormément de situations dans la vie (et c’est un des principes de base de la permaculture), le simple fait de changer de point de vue sur une situation représente le meilleur moyen d’augmenter notre niveau de bonheur et de transformer les problèmes en solutions !

Conclusion


Pour une société plus saine, et en attendant de pouvoir abolir le système capitaliste actuel, il ne tient qu’à nous de faire la gymnastique intellectuelle qui fait passer l’argent de statut d’objet du démon à l’outil bien pratique qu’il est. A nous de l’utiliser au mieux et de répandre notre sagesse nouvellement acquise autour de nous : faire du bien aux autres est toujours payant, et c’est comme ça qu’on construit un monde meilleur !

Je te rappelle aussi (au cas où tu l’aurais oublié !) que pour changer le monde (et les autres, par extension), il faut commencer par se changer soi-même. A toi de jouer donc : adopte une relation plus sereine avec l’argent, et l’argent te le rendra !

Et toi, quelle est ta première pensée quand tu reçois une facture ? As-tu du mal à parler d’argent ? Qu’est-ce qui te dérange dans ton rapport à l’argent ? Dis-nous tout !

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2 Comments

  1. Ahh ! Le lien à l’argent. Tu aurais pu ajouter que l’argent est un tabou en France (2 questions tabou : « Pour qui tu votes ? » et « Combien tu gagnes ? ».
    Sinon, pour rappel, ta patatière, si elle était en Europe à l’époque pré-historique, était une visionnaire. Dans mon souvenir la pomme de terre n’a été introduite en Europe qu’au 16è siècle 😉

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