#OrdinaryHeroine EP1 : pause inspiration avec Carole, ultra traileuse

C’est avec un plaisir non dissimulé et beaucoup d’excitation que je t’annonce aujourd’hui le lancement de la série #OrdinaryHeroine, une série d’interviews de femmes inspirantes dont un nouveau numéro sera publié le premier lundi de chaque mois !


L’objectif : faire connaître celles qui m’inspirent, élargir les horizons, montrer que tout est possible… et t’inciter à suivre le mouvement !

Pour cette toute première édition de la série #OrdinaryHeroine, j’ai l’immense honneur de recevoir Carole, marathonienne et ultra traileuse – entre autres choses géniales.

#OrdinaryHeroine épisode 1 : c'est Carole, marathonienne et ultra traileuse qui nous fait l'honneur de sa présence pour ce tout premier épisode de la série d'interviews de femmes inspirantes !

Peux-tu nous raconter quand, comment et pourquoi tu as commencé à courir ? Faisais-tu du sport avant ?


Hello à toutes et à tous,
J’ai commencé à courir fin 2012, alors que je me préparais pour ma toute première course : la Parisienne, une course 100% féminine de près de 7 km.

Comme beaucoup de personnes, je me suis mise à la course à pied pour perdre du poids, mais aussi pour reprendre une activité sportive.

Avant cela, le sport et moi ça faisait plutôt deux. Adolescente, je consacrais une dizaine d’heures par semaine à la musique, ce qui, en plus des devoirs et des sorties, me laissait peu de temps pour une activité physique.

Qu’est-ce qui te plaît dans la course à pied ? Combien de temps y consacres-tu par semaine/jour en moyenne ?


J’apprécie déjà tout le côté accessible de la course à pied :

  • Financièrement, le fait d’avoir la possibilité de se lancer sans dépenser une fortune : qui en France, n’a pas un jogging, des baskets et un t-shirt ?
  • Et en pratique, le fait de n’avoir qu’à mettre un pied dehors pour démarrer une séance.
  • Enfin, tout l’aspect social de la course à pied : socialement, la course à pied est un sport extrêmement riche dans la mesure où il rassemble des personnes issues de tous milieux sociaux, de tous âges. On rencontre des gens qu’on n’aurait jamais rencontrés dans un autre contexte.

Ma fréquence d’entraînement est très aléatoire et peut varier d’un « extrême » à l’autre, de 0 sortie à 10 sorties dans la semaine. Tout dépend de ma forme du moment et de mon état physique.

En ce moment par exemple, je suis en préparation pour l’UTMB (Ultra Trail du Mont Blanc), une course de 100 miles [160 km] qui aura lieu fin août. Cela fait un mois que je m’impose un rythme soutenu de sortie pour avoir un état de forme physique convenable (sans trop pousser non plus, pour ne pas être fatiguée le jour du départ).

Les compétitions de course à pied représentent un sacré budget (je pense notamment au marathon des sables) ; qu’est-ce qui te plaît tant dans la dimension compétition ? Y a-t-il un message que tu souhaites faire passer en participant à de telles courses ?


Effectivement, il faut compter + de 3 000 € pour une inscription au marathon des sables, sans compter les dépenses en équipements (alimentation lyophilisée, guêtres, sac de course, boussole, réchaud, etc.). Quand Émir et moi y sommes allés, nous vivions encore chez nos parents et n’avions pas de loyer à payer. C’était le moment d’y aller.

L’aspect compétitif de la course à pied n’est pas ce que je recherche le plus. J’ai participé à beaucoup de courses en ne me souciant pas de mon chrono/classement. Je ne suis cependant jamais contre un podium 🙂 Les seuls qui sont à ma portée sont ceux des courses d’ultra fond, car les femmes sont sous-représentées dans ce type de course, ce qui a pour seul avantage d’augmenter mes chances de monter sur les marches. ^^

J’aimerais montrer aux femmes qu’un physique d’athlète de haut niveau n’est pas un prérequis pour courir, qu’il n’y a pas d’âge pour commencer (ma mère a commencé à courir alors qu’elle approchait les 60 ans) et que les femmes ont un fort potentiel qu’elles ont tendance à sous-estimer.

As-tu tenu un compte précis de toutes les courses auxquelles tu as participé ? Combien ? Lesquelles ?


Non, pas du tout. La première année, Émir et moi mettions à jour un fichier Excel avec toutes les courses auxquelles on participait où on indiquait nos chronos et classements. Mais à force de faire des courses, on l’a vite abandonné. A vue de nez, on doit avoisiner 120 participations à des courses.

Ça serait un peu long de toutes les citer, mais ça va :

  • sur route : du 5 km aux 100 km.
  • sur trail : de 26 km à 185 km.

Nous avons fait aussi une dizaine de courses à obstacles : Mud day pour la plus « sérieuse » (course d’obstacle réputée difficile, je n’ai jamais réussi à tous les faire), « Bubble Day » (course d’obstacle pour tout public où l’on est arrosé de bulles) pour la plus fun.

Bref, on touche vraiment à tout !

Tu cours sur route et sur chemins/sentier (trail) ; as-tu une préférence pour l’un ou l’autre type de course ? Quelle est ta distance favorite ? Et celle sur laquelle tu te sens la plus à l’aise ?


J’aime beaucoup courir des marathons en métropole car il y a beaucoup à voir. Pour moi c’est l’association idéale pour allier tourisme et sport.

Mais ma préférence revient au trail, en particulier à l’ultra trail en montagne. J’adore l’immensité des paysages, les vues à 360°.

Il serait prétentieux d’affirmer que je suis plus à l’aise en ultra mais c’est sans nul doute le format de course qui me procure le plus d’épanouissement. En courant sur un ultra, je me sens hors du temps, je m’évade. J’oublie que lundi, je devrais retourner au travail. 😉

Carole et Emir au sommet d'une crête montagneuse pendant le Grand Raid des Pyrénées
Carole (et Émir) pendant le Grand Raid des Pyrénées | Crédit photo : Wondertrail

Tu as terminé deux fois première féminine sur l’Ultramarin (177km et 1000m D+) ; qu’est-ce que ça fait d’arriver en tête sur une course comme celle-ci ? Tu nous racontes ?


En fait, je suis arrivée 2 fois 1ère de ma catégorie (Séniore Féminine = SEF/SF = catégorie d’âge de 23 ans à 39 ans). La place de première féminine m’était hors de portée. 😉

Très honnêtement, je n’avais pas pour ambition de faire un podium cette année. Je voulais juste finir « rapidement » de manière à ne pas à avoir à courir une 2e nuit. Le podium, c’était bonus.

C’est seulement à 2km de l’arrivée que mon esprit de compétition a refait surface. J’avais tellement l’impression de me traîner que j’avais peur de me faire doubler « bêtement » par une féminine, aussi proche de l’arrivée. Et j’ai bien fait d’avoir peur car la 2nde a fini 5 minutes derrière moi !!

Peux-tu nous raconter ton meilleur souvenir de course ? Ton pire souvenir ?


Je ne pense pas avoir de meilleur souvenir de course. Je dirais que notre arrivée du Grand Raid des Pyrénées en 2017 est l’un de mes plus beaux souvenirs. C’est l’épreuve la plus longue à laquelle nous avons participé jusqu’à présent et la plus éprouvante. Émir et moi l’avons couru ensemble de bout en bout.

Mon pire souvenir de course ? Quand nous avons été arrêtés à l’UTBM en 2016 au check point du 120e km. Nous n’étions pas au courant qu’il y avait un horaire limite à passer, et nous avions fait une sieste juste avant qui nous a valu notre élimination… Si nous avions été mieux « organisés », je suis sûre que nous aurions passé la ligne d’arrivée.

Quand es-tu devenue végane ? Quelles ont été tes motivations ? Comment as-tu géré ta transition ? Y réfléchissais-tu depuis longtemps ?


Je suis devenue végane en mars 2016 après la lecture de No steak de A. Caron qui a été un électrochoc. Émir l’a lu quelques jours plus tard et dans la foulée, nous sommes devenus véganes.

Je suis devenue végane pour les animaux avant tout. L’aspect environnemental (bien qu’hyper important) et santé passent après.

Ma transition s’est très bien passée. Je n’ai jamais ressenti de frustration au niveau de l’alimentation. Je pense que quand on est convaincu des raisons pour lesquelles on est végane, on n’a plus d’envie en POA. [Produits d’Origine Animale]

En fait, depuis 2013-2014, je regardais les végétariens et véganes avec beaucoup d’admiration, je les voyais comme des « gens bien » et je me disais que j’étais incapable de suivre leur chemin tant j’appréciais la viande. Et finalement, j’ai fini par prendre ce chemin.

Qu’est-ce que le véganisme t’apporte au quotidien ? Est-ce une force, une contrainte, une responsabilité, un soulagement ?


Au quotidien,
c’est supporter les remarques pas forcément agréables de son entourage :
« en fait, tu ne manges rien »
« moi je ne pourrais pas faire comme toi, ne plus prendre de plaisir à manger »
« tu n’as pas peur des carences ? »
« tu penses à faire des prises de sang régulièrement ? »

…Traquer les options véganes dans les restos « classiques ».

D’une certaine manière, je considère que c’est aussi une responsabilité vis-à-vis de mon entourage :

  • Quand je porte le t-shirt Vegan Runner sur une course, je me mets une certaine pression pour être finisher, car j’ai peur, dans que le cas contraire que cela ternisse l’image des véganes.
  • J’aurais peur que mes collègues me considèrent comme étant une femme à la santé fragile du fait de mon alimentation si jamais je tombais fréquemment malade.

As-tu noté une quelconque différence dans ta pratique sportive depuis que tu es végane ?


J’ai relevé deux différences principales :

  • Au niveau de mes performances : j’ai progressé en endurance et en vitesse (j’ai enregistré tous mes RP** depuis ma transition) mais je ne peux pas affirmer qu’il y ait un lien avec le fait que je sois devenue végane entre-temps.
  • Au niveau des ravitaillements : quand je cours des ultras trails, je me rends compte que le choix est limité pour les coureurs véganes. En enlevant TUC, charcuterie, pâtes au beurre, soupes contenant du lait, il ne reste plus grand-chose de consistant en végétal à se mettre sous la dent. Par conséquent, j’emporte beaucoup plus à manger sur moi qu’avant.

**Record Personnel

Et dans ta vie sociale ?


Entre amis, je ne note pas de changement majeur.

Dans le cadre de soirée au resto, je vais faire en sorte qu’on aille dans un resto végane.

Si on m’invite à une soirée raclette ou barbecue entre amis, je refuse.

Il n’est plus question non plus de passer une soirée dans ce genre de brasserie parisienne où l’on te sert des plateaux de charcuterie et des tartines.

En famille : je ne suis plus capable d’assister aux repas traditionnels avec le cadavre d’un animal au centre de la table (l’agneau à Pâques, la dinde à Noël…).

Que penses-tu du féminisme ? Quelle définition donnes-tu au féminisme ?


Je pense que c’est un mouvement qui a encore et malheureusement de beaux jours devant lui…

Un mouvement qui lutte contre les discriminations dont les femmes sont victimes et pour l’acquisition/l’amélioration de leurs droits.

Comment vis-tu le fait d’être une femme dans le monde de la compétition sportive ? Qu’est-ce que ça représente pour toi en tant que femme de participer à de telles courses ?


Sur les courses jusqu’au marathon, je ne ressens pas « spécialement » le fait d’être une femme car nous sommes tout de même nombreuses (au marathon de Paris 2018 : 25% de femmes).

En revanche, plus les courses sont longues, moins on trouve de femmes. A titre d’exemple, 9,5% de femmes sont inscrites sur l’UTMB en 2017.

Le fait que l’on soit si peu nombreuses sur l’ultra fond me met une pression supplémentaire pour prouver que nous ne sommes pas une « erreur de casting » et que nous avons notre place.

Pour toi, à quoi ressemblerait le monde idéal ?


Je dirais pêle-mêle : un monde évidemment végane, où les richesses seraient distribuées de manière plus équilibrée, un monde sans discrimination et une planète dont nous prendrions soin.

Merci infiniment à Carole d’avoir accepté de répondre à ces questions !

Pour suivre les aventures sportives de Carole et découvrir le monde de la course à pieds avec des oreilles de lapin :

Et toi, l’histoire de Carole, elle t’inspire ? Quel effet ça te fait ? Raconte !

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