L’ortie : la mal-aimée aux moult visages!

L’ortie, c’est un peu comme la sorcière de contes de fées : on lui donne souvent le mauvais rôle. Pourtant, sans sorcière, pas de dénouement. Ne serait-il pas temps de revoir notre copie au sujet de l’ortie ? Bien sûr que si !

Les annales de l’Histoire contiennent le souvenir de l’une de mes toutes premières rencontres avec les orties. Je n’ai pas moi-même le souvenir de cet épisode-là. Je me souviens d’autres choses. De mon ami du moment, qui était une marionnette en bois de Pinocchio dont j’avais coupé les fils – Pinocchio a longtemps été un personnage central dans ma vie, j’étais fascinée par cette marionnette qui devenait finalement « un véritable petit garçon » – Il « portait » une salopette rouge (peinte) et d’énormes souliers noirs (ses pieds étaient de gros pavés rectangulaires noirs, donc). D’avoir fait prendre un bain à ladite marionnette sans fil dans un petit torrent de montagne. D’une forêt verdoyante, pleine de fougères, à la végétation suffisamment haute pour paraître immense à une fillette de 3/4 ans. Et puis l’épisode fatidique : un cri – je l’imagine se frayer un chemin dans une gorge compressée par l’angoisse – « Mamie ! Y’a des plantes qui me mangent ! ». Je suppose que ça n’a pas été traumatisant outre mesure, puisque j’ai tout simplement oublié cette retentissante aventure dont l’écho résonne encore aujourd’hui, au coin de la cheminée, entre deux rires étouffés.

Malgré cette urticante mésaventure, il a fallu attendre de lonnngues années avant que je sois enfin capable d’identifier avec certitude un plant d’ortie (tu me diras, c’est pas comme si j’en croisais souvent en ville non plus) et à peu près autant pour que je découvre les super-pouvoirs de cette super plante souvent mal-aimée. C’est vrai, l’ortie, ça picote. Mais c’est tellement génial !

Que faire avec les orties ? Je te donne quelques idées !

Soupe d’ortie


La soupe, c’est certainement le plat le plus passe-partout et le plus magique qui soit. Quand tu ne sais pas quoi préparer, tu peux être sûre d’être en mesure de te concocter une bonne soupe en deux temps trois mouvements avec à peu près n’importe quel végétal qui te traîne sous le coude. C’est le cas, par exemple, des fanes de radis (j’ai découvert ça très récemment, et c’est très bon). Et des orties. Des feuilles d’orties devrais-je dire (je ne te recommande pas de tester les tiges), et de préférence les plus jeunes et tendres : ça devient vite filandreux.

Outre le fait que la soupe d’ortie soit bonne au goût (pour les recettes, je t’invite à interroger ton moteur de recherche préféré), elle est également très intéressante du point de vue nutritionnel, puisqu’elle est très riche en fer (plus que la viande – c’est donc une bonne idée d’en consommer, notamment, après ses règles) et en tout un tas de minéraux et de vitamines (la C, particulièrement). Et puis en protéines, mais ce ne sont pas les sources de protéines végétales qui manquent.

L’ortie est plus riche en fer que la « viande », à raison de 4,1mg pour 100g ! (source : Wikipédia)

Petit aparté : si tu décides de cueillir de l’ortie pour un usage quelconque, assure-toi de ne pas faire ta cueillette sur le bord de la route ou à proximité d’un lieu pollué. Ces plantes captent notamment les métaux lourds, ce qui est très mauvais pour la santé. Gare, donc, au lieu de récolte !

Bière d’ortie


Eh non, je n’ai pas bu avant d’écrire cet article ! La bière d’ortie, ça existe, et c’est même assez facile à faire : des orties (non, sans blague !), de l’eau, une casserole, du sucre, un peu de levure… Et hop !

La boisson ainsi obtenue fermente, produit des bulles et est très rafraichissante. En plus, elle a une jolie couleur et est vraiment agréable à boire. Un peu surprenant la première fois qu’on y goûte, mais on s’y fait très bien : c’est comme une limonade légèrement aromatisée…

Bon, d’accord, l’appellation « bière » est légèrement abusive ; on devrait plutôt dire « pétillant d’ortie ». Mais c’est moins parlant.

Purin d’ortie


Si l’ortie est excellente pour nous nourrir, elle est tout aussi bonne pour nourrir les autres plantes au jardin, sous forme de purin ! De manière générale, l’usage du purin d’ortie est assez répandu chez les particuliers mais également dans le domaine de l’agriculture biologique : répandu régulièrement, il stimule la croissance des plantes ainsi que leur résistance aux maladies et aux petits « envahisseurs ».

Le purin d’ortie aide à renforcer les plantes

L’utilisation régulière de purin d’ortie sur un buis permet également de repousser les pyrales (associée à une petite décoction d’ail à pulvériser les parties aérienne du buis et le voilà armé pour résister aux Huns ! – testé et approuvé).

Poudre d’ortie


Il est tout à fait possible de faire sécher des feuilles d’ortie (aussi utilisables en infusion) et de les moudre. Tu peux ainsi utiliser cette poudre dans toutes tes préparations culinaires (saupoudrée sur les soupes, salades et autres plats) pour profiter de ses vertus nutritives et de son arôme particulier… et aussi comme produit cosmétique !

On attribue à l’ortie pas mal de vertus : elle régulerait la production de sébum et empêcherait de fait les cheveux et le visage de graisser trop vite, réduirait les pellicules, renforcerait les ongles cassants, aiderait à combattre la chute des cheveux…

Pour ma part, j’ai utilisé un certain la poudre d’ortie comme shampoing sec, et j’ai trouvé que ça faisait le job. L’avantage principal étant que les orties sont faciles à trouver localement, et que se procurer de la poudre d’ortie (préparée maison ou achetée) est le moyen le plus pertinent de « prendre soin de soi » sans détériorer la planète (comme c’est le cas en encourageant l’exploitation des gisements de rhassoul par exemple) et sans polluer des tonnes pour le transport – dans le cas d’une production locale, on est d’accord.

Utiliser de la poudre d’ortie produite localement est une solution respectueuse de l’environnement.

En bref, en adoptant la poudre d’ortie, tu peux continuer à te mettre des trucs et des machins sur les cheveux et/ou le visage tout en respectant au mieux ton environnement.

Chouette, non ?

Fibre d’ortie


Avec l’ortie, plus spécifiquement les fameuses tiges que je te déconseillais un peu plus tôt de manger, on peut obtenir des fibres. De ces fibres d’ortie, on peut faire de la ficelle, de la corde, et… des vêtements ! Incroyable, n’est-ce pas ?

A l’heure actuelle, il existe très peu d’endroits où l’ortie peut être filée, il y a très peu de demande et donc, c’est un marché encore cher et trop rare… Et pourtant !

Les fibres d’orties étaient utilisées depuis le Moyen-âge pour produire cordes et vêtements, jusqu’à être supplantée par le coton (et l’esclavage) et la soie (et le massacre des papillons ébouillantés pour éviter qu’ils ne déchirent leur cocon). L’ortie est l’une des fibres les plus écologiques à produire (avec le chanvre et le lin) puisqu’elle ne nécessite pas de traitements aux pesticides. La structure de la fibre même est intéressante, puisqu’elle permet, en ajustant la torsion de la fibre, au choix d’être utilisée dans un but d’isolation thermique (pour des vêtements d’hiver) ou au contraire pour une étoffe légère (pour un vêtement estival).

Une industrie de longue date donc, avec laquelle il est plus que temps de renouer !

Conclusion


L’ortie a écopé d’une bien mauvaise réputation : elle pique, elle pousse là où les animaux (humains ou pas) urinent, c’est une « mauvaise herbe »… Une mauvaise réputation si ridiculement éloignée de la réalité que c’est à se demander s’il ne s’agit pas là de l’œuvre de lobbies anti-ortie. Car l’ortie est une plante extrêmement polyvalente et utile, de la cuisine à la garde-robe en passant par la salle de bain et le pont du navire !

Et toi, connaissais-tu ces utilisations de possibles de l’ortie ? En connais-tu d’autres ? En fais-tu la cueillette ? Raconte !

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