Je te raconte… mon tout premier PDC !

A l’heure où j’écris ces lignes, il y a déjà plus d’un an que j’ai passé mon tout premier PDC. Une expérience très intense, tant du point de vue « humain » que permaculturel.

Qu’est-ce qu’un PDC ? Pourquoi en avoir passé un ? Qu’est-ce que ça m’a apporté ? Des questions très pertinentes auxquelles je vais m’appliquer à répondre à travers ce billet !

Je te raconte... mon tout premier PDC !

Qu’est-ce qu’un PDC ?


Il ne s’agit ni du Parti démocrate-chrétien, ni de profondeur de champ ! PDC est le sigle anglais de Permaculture Design Course, c’est-à-dire Cours de Design en Permaculture – CDP en français donc. Tu peux aussi tomber sur des intitulés comme Permaculture Design Certificate (Certificat de Design en Permaculture), Cours Certifié de Permaculture (CCP), Certificat de Designer en Permaculture ou encore Cours Certifié de Design en Permaculture. Bref, tout un tas de noms, mais l’idée est la même !

Des plantes cueillies en extérieur disposées sur une table.
Exercice de reconnaissance de plantes avec Maria Sperring.

Un certificat de design en permaculture est un cours d’au moins 72h qui s’étend, en général, sur deux semaines en immersion totale. Le contenu de cette formation basique a été mis au point par feu Bill Mollison dans son énorme Permaculture : a designer’s manual. L’idée est de découvrir, le temps de la formation, l’ensemble des bases de la permaculture théorique, et de saupoudrer tout ça de plus ou moins de mise en pratique. Bien entendu, si tu passes un CCP en France en plein hiver, mieux vaut ne pas t’attendre à beaucoup de mise en pratique – est-ce que ça sentirait pas le vécu ?

Pourquoi suivre un Cours Certifié de Permaculture ?


Suivre un CCP, c’est à mon sens un excellent moyen de mettre le pied à l’étrier de la permaculture ! En effet, alors que tu pourrais très bien te bourrer la tête de lecture sur le sujet dans tous tes moments de libre, le cours certifié a –entre autres- cela de bien que tu es en immersion totale dans l’univers de la permaculture pendant toute la durée de ton stage. Du matin au soir et du soir au matin, tu vas dormir permaculture, manger permaculture, penser permaculture, discuter permaculture… Bref, une sorte de bourrage de crâne bénéfique.

Des pots de plantes agencés de façon à former une haie fruitière
Simulation de haie fruitière avec Walter Keirse

C’est un excellent moyen de débuter également parce que ça te permet de confronter ce que tu sais et ce que tu crois savoir à ce que d’autres savent ou croient savoir. Certains éléments de la permaculture, que ce soit les éthiques ou les principes, par exemple, sont suffisamment floues pour permettre des interprétations différentes. Entendre comment d’autres appréhendent ces éléments amènera probablement de l’eau à ton moulin et fera pédaler ton esprit critique.

C’est aussi bien moins fastidieux de recevoir le savoir de quelqu’un d’autre en l’écoutant et/ou en participant à de petites activités que de se taper toute seule la lecture d’un gros pavé – en l’occurrence le Designer’s Manual de Mollison. En outre, la dynamique de groupe amène des questions, qui permettent d’approfondir certains sujets. Sans compter l’expérience de la personne qui organise le CCP et ses intervenantes s’il y a lieu.

Quand s’inscrire à un Certificat de Design en Permaculture ?


Je pense qu’il n’y a pas de bon ou de mauvais moment pour participer à un tel événement. Qu’on soit totalement ignare en permaculture – tu as lu l’article sur Wikipédia et tu sais vaguement de quoi il s’agit mais ça t’a enthousiasmée – ou plus avancée, il y a toujours quelque chose à prendre.

Le soleil se lève sur des prés verglacés et une petite étendue d'eau. L'atmosphère est magique.
Le printemps ne fait pas mine de se présenter

Ça peut être la façon d’enseigner le PDC, qui sera particulière à chacune, l’expérience spécifique des différentes intervenantes – certaines sont spécialisées dans un domaine en particulier -, ou tout simplement l’expérience de vie en groupe. S’il est probable que les personnes très avancées dans leur cheminement permaculturel n’apprendront probablement plus grand-chose dans un cours certifié de permaculture, toutes les débutantes auront quelque chose à en tirer.

Ce que mon premier permaculture design course m’a apporté


Lorsque je me suis pointée à ce premier cours certifié en permaculture, cela faisait à peine quelques mois – et un petit paquet de lectures – que j’avais découvert la permaculture. Je n’y connaissais donc pas grand-chose, et j’étais extrêmement avide d’en apprendre davantage.

J’ai fait mon stage chez Permaculture Design. L’organisation était millimétrée (ou presque), les cours se déroulaient dans une salle lumineuse et chauffée – un avantage indéniable en fin février -, les logements étaient très confortables. Logistiquement parlant, on sentait bien que la machine était rodée.

Une chambre de combustion de rocket stove montée sur le parking. Le rocket a pu être allumé.
Simulation de chambre de combustion de rocket avec Andrew Williams et Bruno Torrente.

J’ai appris énormément – et beaucoup oublié depuis – au cours des sessions de théorie ; j’avais eu beau lire plusieurs bouquins, les sujets sont tellement denses, il y en a toujours davantage à découvrir.

Les sessions de pratiques toutefois se sont faites rares ; entre la saison précoce (le printemps n’était pas encore-là), le froid et la météo pluvieuse, nous n’avons pas pu passer beaucoup de temps sur le terrain – ce qui est tout de même dommage. Note donc : mieux vaut faire son stage pendant la belle saison !

En revanche, plusieurs intervenantes nous ont fait profiter de leur savoir, ce qui était très intéressant. D’une part, ça m’a permis d’avoir un petit aperçu de la diversité de conceptions de la permaculture, de profiter d’expertises différentes, mais aussi de faire des rencontres intéressantes. J’ai, par exemple, eu le bonheur de faire un peu plus tard du wwoofing chez Maria Sperring, permacultrice anglaise de plus de 20 ans d’expérience, grâce à l’échange qui s’est créé lors de son intervention ! C’est également ainsi que nous avons rencontré Walter Keirse de la pépinière en permaculture Atmosvert, ou encore Andrew Williams, l’expert bidouilleur de pocket rocket. Bref, cette diversité d’expériences et de points de vue était très enrichissante.

Vue d'en haut sur les zones de culture paillées et la petite serre au loin.
Les jardins de la Goursaline, ferme expérimentale

La vie de groupe a également été intense ; j’ai eu la chance de tomber sur 2 excellents colocataires, dans un gîte magnifique, et les journées déjà éprouvantes se poursuivaient le soir au coin du feu, tisane à la main, discutant de sujets et d’autres, partageant nos impressions sur les informations engrangées pendant la journée, nos attentes sur les cours suivants… Des échanges passionnés et passionnants ! Sans compter les autres participantes, de tous âges et de tous milieux.

A l’issue des deux semaines, il nous a été demandé de réaliser le design d’un lieu – l’un de ceux qui nous ont été présentés, avec un projet particulier pour chaque lieu… en groupe. Si j’ai trouvé intéressants les différents outils de gestion de groupes, les processus de décision à plusieurs et autres informations du même tonneau, j’avoue que j’ai été assez déçue de devoir faire un travail à plusieurs. Bien entendu, avec un groupe de plus d’une vingtaine de personnes, il n’aurait pas été réaliste de réaliser et noter des designs individuels dans le temps imparti. N’empêche, je me suis un peu sentie dépossédée de la partie la plus importante de cette expérience.

Quoi qu’il en soit, ç’a été une expérience transformatrice. La découverte de la permaculture avait ouvert une porte sur un monde passionnant, le cours certifié de permaculture m’a précipitée de l’autre côté du seuil. Je suis repartie de là épuisée mais heureuse, pleine d’espoirs, d’interrogation, d’idées…

Un mur de maison en terre paille. La couleur approche de celle d'un sable rosé, et la texture laisse apparaître les paillettes de paille de l'enduit.
Maison auto-construite de Benjamin Broustey

Mettre le pied physiquement dans ce monde-là m’a ouverte à beaucoup de nouvelles choses et de nouvelles rencontres. Ce cours certifié de permaculture, c’était un peu comme mettre le doigt dans un engrenage : depuis, je continue à creuser, à fouiner, à apprendre, à essayer. Plus j’en apprends, plus je veux en savoir. Plus j’en sais et plus je me dis que j’aurais dû entendre parler de permaculture dès ma naissance, car j’ai la sensation qu’une vie entière ne suffirait pas à devenir une bonne permacultrice.

Conclusion


J’oublie certainement beaucoup de choses de cette expérience déjà assez lointaine – j’ai presque l’impression que c’était dans une autre vie -, et notamment l’émerveillement dans lequel je l’ai vécue. Tout ceci s’est estompé depuis, et ne me reste que quelques bribes, et les réflexions que j’ai pu construire dessus entre-temps. Le cours certifié de permaculture a changé ma vie, et depuis, chaque nouveau stage que je fais me fais revivre cette sensation de transformation – plus ou moins intense.

Même si tu n’as pas de jardin, pas de terrain, tout juste un rebord de fenêtre, si tu ressens un attrait, une attirance pour la permaculture, si tu te sens tiraillée par ce que tu en apprends, surtout, fais un CCP. Peu importe où : quel que soit le lieu, quelles que soient les autres autour de toi, en y allant tête et cœur ouvertes, tu y apprendras plus qu’en 8 ans sur les bancs d’une université.

Et toi, as-tu déjà fait un cours certifié de permaculture ? As-tu le projet de le faire ? Cet article te donne-t-il envie de te lancer ?

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