Qu’est-ce que la permaculture ? Définition !

Définir une discipline aussi vaste et complète que la permaculture est tout sauf une promenade de santé. Toutefois, c’est un exercice qui mérite qu’on s’y penche. Alors, qu’est-ce que la permaculture ?

 

Avec l’idée de créer un blog autour (notamment) de la permaculture, le fait de rédiger un article de définition me paraissait fondamental : expliquer le concept aux néophytes, ça représente quand-même une bonne base pour leur permettre de comprendre ce qui se passe ici. C’est d’autant plus intéressant que chacun y va de sa petite définition, y ajoutant sa propre sensibilité.

Sauf que. J’avais évidemment bien saisi le concept puisque j’avais déjà embrassé la permaculture comme une part de moi oubliée depuis longtemps. Or, se lancer dans l’exercice de la définition, de l’explication claire et concise, ce n’est non seulement pas de tout repos, mais c’est en plus complètement angoissant !

Après avoir traîné la patte pendant des semaines, avoir flippé de ma page blanche, m’être demandé au moins mille fois (promis, je ne suis pas marseillaise) : « et si je disais une connerie ?! Et si je me grillais publiquement ?! », avoir envisagé de renoncer au projet Ze PermaLab, j’ai fini par m’y coller.

Ça m’a pris un bon moment et me confronter à ces angoisses sous-jacentes m’a donné des suées. Mais puisqu’il s’agissait d’une étape importante à franchir pour moi, j’ai insisté, jusqu’à être capable d’expliquer simplement, en quelques phrases, ce qu’est la permaculture ; le tout sans bafouiller et sans me traiter de grosse nulle après coup (enfin, presque). En bonus, j’avais comme objectif de faire en sorte que ce ne soit pas trop chiant. Mais c’est juste un bonus.

Comprendre la permaculture, ce qu'elle est, ce qu'elle te permet de faire. Champ d'application infini garanti !

Il existe déjà plein de définitions de la permaculture à l’heure actuelle sur Internet, des longues, des courtes, des techniques, des poétiques. Aucune, pourtant, ne me satisfait pleinement. J’ai toujours la sensation qu’il manque quelque chose, quelque chose de crucial. Ça ne me transporte pas, ne m’enthousiasme pas autant que l’évocation de ce que représente pour moi la permaculture. Et rien de plus triste que de rater sa chance de faire une première bonne impression, non ?

Une première ébauche de définition pourrait-être :

« La permaculture est une méthode de conception holistique visant à concevoir des systèmes durables et soutenables en s’inspirant de la Nature. »

Bon. T’es bien avancé.e avec ça. Et tu as très envie de t’intéresser à autre chose, pas vrai ? Attends, laisse-moi une minute, qu’on arrange ça.

En vrai, la permaculture, ce n’est pas qu’une méthode de conception. C’est, comme le dit si bien Ross Mars, une vocation, un mode de vie. Je reprends ces mots parce que c’est réellement ainsi que je le ressens : vocation, mode de vie. La permaculture, c’est une façon d’allier toutes tes convictions, toutes tes éthiques, et de vivre en accord avec elles, en accord avec toi-même.

La permaculture s’appuie sur une méthode de design pour concevoir au mieux des environnements de vie durables, soutenables, permettant l’autonomie. La méthode de design fait appel à toute une variété d’outils, qui dépendent du projet, du lieu, des contraintes. Mais dans le fond, il s’agit de parvenir à vivre en économisant la Terre (au pire) ou en la quittant dans un meilleur état qu’on ne l’a trouvée (au mieux).

La permaculture touche donc à tous les domaines de la vie. On s’intéresse à l’alimentation, la produire, la conserver, la cuisiner. Parce que la nourriture est au cœur de nos existences, et qu’elle peut faire autant de ravages que de bienfaits, que ce soit sur la santé individuelle ou celle de la planète.

On se penche sur la vie du sol : comment l’évaluer, l’améliorer, comprendre les interactions entre les uns et les autres. On étudie les meilleures façons de concevoir son habitat, de façon à ce qu’il soit confortable et respectueux de l’environnement et de tous ses habitants, non-humains compris. On réfléchit à tous les moyens possibles pour économiser l’énergie, la produire soi-même, l’utiliser intelligemment. On envisage les répercussions de nos actions, à court, moyen et long terme, et on fait en sorte qu’elles soient moindres ou positives.

S’intéresser à la permaculture, c’est aussi trouver des moyens de récolter l’eau de pluie, de la rendre potable, de la réutiliser, pour nous et le jardin. Traiter nous-même nos eaux grises, les réutiliser. C’est aller récolter dans la nature « sauvage » ce qu’il nous faut pour nous soigner, nous chauffer, nous nourrir. Apprendre à reconnaître les plantes, savoir comment et quand les utiliser.

Penser permaculture, c’est aussi reprendre le pouvoir sur sa vie, devenir autonome, prendre confiance en soi, en ses capacités. Savoir fabriquer ce qui nous manque, recycler ce que l’on a, partager ce qui ne nous est pas nécessaire.

Permacultiver sa vie invite à respecter toutes les formes de vie, y compris celles qui sont très différentes de nous, les estimer et les chérir, parce que sans elles, nous ne sommes rien. C’est regarder la Terre comme une composition subtile, dans laquelle chaque élément a un rôle à jouer pour en maintenir l’équilibre.

Faire entrer la permaculture dans ta vie, c’est repenser tes liens avec les autres, avec le monde, avec toi, aussi. C’est prendre en main tes responsabilités en tant que Citoyen.ne de la Terre, et faire de ton mieux pour te changer toi, et changer le monde. Inspirer. Changer de vie pour dire oui à la Vie. C’est changer de perspective. Mettre un nouveau filtre sur tout ce que tu regardes, tout ce que tu fais.

Réfléchis, interroges-toi. Observes, beaucoup, longtemps. Écoutes. Reprends contact avec cette Nature dont on t’a éloigné.e. Reprends contact avec toi-même. Découvres-toi. Découvres-la.

La permaculture, c’est tout ça à la fois, et bien plus encore. C’est prodiguer de l’Amour à tout ce qui existe et protéger la Vie. Le design, c’est une façon posée d’appliquer tout ça à la fois. Parce que nos petits esprits scribouillards et brouillons ont toujours eu besoin de poser leurs idées et de les triturer dans tous les sens pour ne pas oublier trop de choses, ne pas tout rater.

C’est d’ailleurs dans cette idée-là que les initiateurs de la permaculture, David Holmgren et Bill Mollison, ont précisé les trois éthiques sur lesquelles elle repose, ainsi que les principes qui la régissent. Ils représentent le fil rouge qui nous aide à grandir avec la permaculture, et à la faire grandir avec nous.

Parce que, surtout, la permaculture est comme la Vie : elle évolue en permanence, elle bouge tout le temps. Elle s’adapte : la résilience est l’une de ses principales caractéristiques.

En fait, la permaculture est ta meilleure amie. Pour approfondir le sujet, tu peux maintenant lire mon article sur les trois éthiques de la permaculture. Tu vas voir, c’est cool.

Et voilà une définition de plus de la permaculture libérée sur la Toile ! Qu’en dis-tu ? Te sens-tu convaincu.e ? Enthousiasmé.e ? Transporté.e ? As-tu une autre proposition à faire ? A toi de jouer !


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