Diminuer sa consommation d’énergie : pistes d’action

Nous passons l’intégralité de nos journées à consommer de l’énergie et il est désormais plus qu’urgent de diminuer cette consommation frénétique. Le champ d’application d’une telle mesure étant vraiment très large, je te propose ici quelques pistes d’action pour orienter tes efforts !


Entre les climato-sceptiques, les forcenés de la croissance et autres capitalistes, les permanentes injonctions à la réduction de la consommation d’énergie ressemblent presque à un simple effet de mode. Pourtant, rien n’est plus d’actualité que la nécessité de la décroissance, qu’elle soit ou non énergétique.

Parce que c'est bon pour les autres, pour la planète et pour toi, plein de petits gestes à repenser pour diminuer ton impact au quotidien.

Plusieurs formes d’énergie


Dans nos modes de vie occidentaux « modernes », l’énergie est devenue une ressource si courante, si bon-marché qu’on ne la remarque même plus. Et pourtant, elle est partout : imagine une coupure généralisée d’électricité pour plusieurs jours. Une part non négligeable de la population sera intégralement handicapée : plus de chauffage, plus d’eau chaude, plus de cuisine, plus de communication longue distance…

De la même façon, une pénurie de pétrole nous mettrait dans la panade : plus de moyens de transport (ou presque) personnels ou collectifs, plus d’agriculture, plus d’acheminement de la nourriture depuis les campagnes vers les villes, plus de possibilité de couper son bois pour se chauffer, de tailler sa pelouse (je suis sûre que certains s’en trouveraient catastrophés)…

Et puis il y a aussi notre énergie personnelle : nourris au pétrole et aux pesticides, drogués de l’assistanat et de l’électricité, nous avons besoin de consommer toujours plus pour en faire toujours moins.

Un beau tableau, n’est-ce pas ? On peut d’ailleurs encore l’embellir, en rajoutant que, de fait, chaque acte de consommation d’énergie, quelle qu’elle soit, implique une pollution supplémentaire de notre Terre. Pour le pétrole, je ne te fais pas de dessin. Pour l’électricité, les pollutions sont diverses : électromagnétiques, construction/renouvellement de l’infrastructure, renouvellement des équipements individuels pas toujours recyclables, déchets nucléaires intraitables, pollution au charbon, impossibilité de stocker l’énergie (et donc gaspillage de l’énergie produite en trop si elle n’est pas immédiatement consommée), pertes dues à la distance d’acheminement…

A l’échelle individuelle


Prendre conscience du degré de pollution de chacun de nos gestes, qu’on nous a fait assimiler comme anodins jusqu’ici, c’est déjà un premier pas. Ainsi, tu y réfléchiras sans doute à deux fois avant de lancer ta bouilloire pleine à ras-bord pour te servir une seule tasse (en plus, bouillir de l’eau consomme énormément d’énergie) ou laisser allumer là où tu n’es pas.

Le moyen le plus simple de faire des économies d’énergie, je te le donne en mille, c’est : de ne pas dépenser cette énergie. On va ainsi pouvoir commencer par tailler dans le superflu. Est-ce que j’ai vraiment besoin de laisser le chauffage allumé quand je ne suis pas chez moi ? Ai-je vraiment besoin de prendre des douches d’une demie heure ? Dois-je vraiment mettre mon four à préchauffer si longtemps avant d’enfourner mon plat ? Ne pourrais-je pas prendre les transports en commun/covoiturer/éviter ce trajet ?

Réduire son utilisation de l’énergie, c’est le plus facile à faire, ça relève du simple bon sens et ça ne demande aucun investissement de départ.


Une autre façon de faire des économies d’énergie, c’est de consommer mieux, de réfléchir à ses investissements. Ce modèle fonctionne aussi bien pour l’alimentation que pour tout ce qui est vestimentaire ou ameublement. On consomme mieux en achetant des produits locaux. Si ces produits locaux sont dopés aux pesticides, pense à la dépense énergétique liée aux pesticides : prélèvement des matières premières, transformation, conditionnement, acheminement, épandage… Sans même citer les effets des dits pesticides sur la santé de tous et sur la tienne, tu vois bien qu’il sera sans doute préférable d’investir dans des produits sans pesticides ou bio, même s’ils viennent d’un peu plus loin – dans les limites du raisonnable, bien sûr.

On dit souvent que le plus important, c’est la santé – enfin, c’est surtout les anciens qui disaient ça, j’ai le sentiment que les jeunes générations ne prennent absolument pas ce critère en considération. Je soumets donc ceci à ta sagacité : qu’est-ce qui est meilleur pour ta santé (et celle des autres), un sachet de riz sur-emballé venant de Chine à pas cher, ou un gros sac de riz de Camargue le double du prix au kilo ? Tu as deux minutes. 1. 2. Tu as trouvé ? La bonne réponse, c’est le sac de riz de Camargue ! Alors, certes, tu vas me dire « mais c’est deux fois plus cher ! », et je te répondrais « oui, mais tes petites économies ne t’éviteront pas le cancer ! ». Tu me rétorqueras sans doute « mais j’ai pas les sous pour acheter du riz de riche ! », ce à quoi je dirais « si tu n’achètes pas ce fond de teint plein de pétrochimie et ces sodas bons pour ton cercueil, tu les auras, les sous. » Bon, et puis, manger, c’est quand même important, hein – sans compter qu’avec un gros sac de riz, tu fais un paquet de repas, et moins souvent de courses !

Un autre aspect à prendre en compte, concernant la nourriture : la nourriture transformée industriellement non seulement fait du mal à ta santé et celle de la Terre (et donc, de tout le monde), mais en plus, elle ne te nourrit pas ! Tu auras en effet bien plus vite des creux et des grosses fringales en mangeant des plats tout prêts du commerce ou des biscuits industriels. Si tu as faim plus vite, tu mangeras plus souvent, et donc tu dépenseras plus souvent pour tes courses, et donc tu dégraderas plus vite ta santé, et tu payeras le médecin, les médicaments, les examens, etc. Le cercle est sans fin. Sauf si tu choisis de chérir ce que tu es, auquel cas, le cycle devient vertueux, et tout le monde est heureux !

Enfin, réfléchis à la façon dont tu dépenses ton énergie aux travers de tes activités.

Une énergie bien utilisée est une énergie qui génère moins de frustration – tu peux l’employer à des choses utiles et épanouissantes, ou la garder pour plus tard.

Par exemple, est-il vraiment nécessaire d’aller à ce rendez-vous professionnel, ou pourrais-tu opter pour un coup de fil ou une visio-conférence ? Mieux, ne pourrais-tu pas tout simplement l’annuler ou te contenter d’un e-mail ? Les exemples de bonne utilisation sont nombreux, n’hésites pas à en partager en commentaires !

A l’échelle d’un groupe


Pour changer le monde, il faut commencer par se changer soi – je te l’ai déjà dit. Une fois que le processus est enclenché à l’échelle individuelle, que tu as adopté de nouveaux mécanismes de pensée et de réflexion, non seulement ton exemple pourra inspirer les autres, mais tu pourras aussi, de manière active, proposer des améliorations !

Il y a énormément de changements à opérer dans l’utilisation énergétique au sein des groupes sociaux, quels qu’ils soient. Au travail, dans son groupe d’amis, sa famille, mais aussi dans le cadre associatif et les activités de loisir.

Ce type de changements est souvent plus long à obtenir : il faut faire avec l’inertie de chacun, et celle du groupe. Parfois, c’est tellement long et compliqué qu’on n’en voit pas le bout. Mais parfois, de petits gestes simples et quelques conversations suffisent à lancer la machine.

Pour ne citer que cet exemple-là, il est facile de ramener sa tasse/vaisselle au travail pour éviter d’utiliser gobelets/assiettes/couverts jetables. Ce simple geste peut en inspirer d’autres. Proposer d’officialiser la chose en instaurant ça au niveau de l’entreprise est un autre moyen de fonctionner (par exemple, proposer à l’employeur d’investir dans de la vaisselle, en expliquant les bénéfices de la chose). Ou alors tout simplement en récupérant de la vaisselle ici ou là et la ramenant soi-même sur place.

Il y a, bien entendu, énormément d’autres postes de gaspillage (les machines qui ne sont jamais éteintes, les lumières qui restent allumées, les robinets, les fuites…) et la route est encore longue, et c’est pour ça qu’il faut s’y coller dès à présent : nous avons déjà perdu beaucoup trop de temps !

D’ailleurs, j’y pense, là, comme ça, mais pour motiver les troupes à s’impliquer dans le processus de sensibilisation, la mise en place d’un petit jeu (on gagne des points pour chaque gaspillage qu’on évite, et un lot symbolique au bout d’un certain nombre de points) peut probablement aider. Ça peut aussi permettre de mieux visualiser les économies réalisées, et augmenter le degré de satisfaction et de bonheur de chacun.

Conclusion


Les économies d’énergie se font à tous les niveaux de nos existences, à l’échelle individuelle et de groupe, sous des formes variées. C’est parfois un peu décourageant, surtout au début. C’est surtout passionnant (une sorte de défi à relever et pousser toujours plus loin) et extrêmement gratifiant. Les gains sont nombreux (santé, environnement, mode de vie) et jamais vains. C’est un bon moyen de progresser vers un mode de vie plus sain !

J’aurais sans doute pu en écrire encore des tartines, mais il faut savoir s’arrêter !

Et toi, où en es-tu de tes économies d’énergie ? As-tu mis en place une stratégie quelconque ? Penses-tu déjà en termes de gain pour la Terre et ses habitants ? Qu’est-ce qui te motive le plus là-dedans ?


2 Comments

  1. Je pratique déjà au quotidien la plupart de ces gestes mais j’adore ta réflexion à l’échelle du groupe ! C’est vrai que c’est souvent le plus difficile : le groupe

    Au fait je te souhaite une très bonne année 2018, plein de bonnes choses et surtout la santé 🙂

    Bises

    1. Disons que le groupe est difficile surtout quand on n’a pas prise sur les individus qui le composent – comme le dit Martin Page, la moralité, c’est avant tout une question dont se préoccupent les individus. Et du coup, je crois que ces actions visant les groupes doivent être accompagnées d’une bonne rasade de pédagogie pour que chacun puisse se les approprier. Pas simple !

      Très belle année 2018 à toi aussi, santé, beaux projets et grandes aventures – <3 Eire !

      Des bises Sarah !

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