Reprendre le pouvoir avec la permaculture !

Discipline multi-facettes, la permaculture touche à un grand nombre de domaines très variés sans pour autant se cantonner à la théorie : elle te pousse à l’action et t’entraîne à reprendre le pouvoir sur ta vie. Tout un programme.

La permaculture est avant tout un outil d'empuissancement des individus et des communautés. Comment ? Lis l'article pour en savoir plus ?

Même si c’est généralement sur ces aspects-là qu’on se focalise (parce qu’ils touchent aux besoins fondamentaux), la permaculture n’est pas qu’un ensemble de règles à suivre pour boire/manger/dormir à l’abri quoi qu’il arrive. C’est aussi et surtout une porte ouverte sur la liberté, un outil d’empuissancement (ou « empowerment », comme disent nos amis anglo-saxonns).

Au travers de l’ensemble de valeurs et de connaissances qu’elle véhicule, la permaculture te propose de reprendre le pouvoir sur ta vie, rien que ça ! Alors exit tes crises d’angoisses « je sais rien faire », « ma vie est nulle », « je sers à rien », voici un petit tour de cadran des domaines dans lesquels une montagne de boulot de réappropriation t’attend – non, ça fait pas peur, c’est passionnant !

Reprendre le pouvoir par le savoir


Quand on n’a pas eu la chance de grandir proche de la Nature, que le jardinage et l’écologie nous sont tout à fait inconnus, s’intéresser à la permaculture, c’est d’abord s’approprier un grand nombre de connaissances nouvelles.

La permaculture se penche sur des savoirs extrêmement utiles – produire sa nourriture, son énergie, son eau, son logis – dont nos modes de vie (et la société, faut pas s’mentir) nous ont rendus pour la plupart complètement ignorants.

Et pour cause ! Pourquoi produire sa propre nourriture quand on n’a qu’à aller au supermarché d’à côté pour remplir son frigo et ses placards ? Pourquoi apprendre à cuisiner alors qu’on peut trouver tout, tout fait, tout le temps ? Pourquoi apprendre à produire de l’énergie alors qu’il suffit d’un coup de fil au fournisseur majeur pour avoir la lumière ? Pourquoi apprendre à construire une maison puisque de toute façon d’autres se chargeront de le faire à notre place ?

La vie d’ultra spécialisation qu’on nous destine désormais à mener dès notre plus jeune âge nous place dans un dénuement total quand il s’agit de faire quelque chose d’utile, de nécessaire, et de le faire seule.

Ce mode de vie nous rend complètement dépendantes du système. Et s’il se cassait la gueule ? Impossible, diront certains. Qu’ils aient raison ou tort, c’est pas quand on aura faim qu’il sera temps d’apprendre à cultiver notre pitance, ni quand on aura soif qu’on sera à temps de se soucier de la meilleure façon de récolter notre eau – la lyophilisation te guette dans ce cas, j’espère que t’aimes le style Toutankhamon.

Sans même entrer dans un schéma catastrophiste, songes un peu à ça : la plupart des produits que te fournit la société sont empoisonnés. Soit parce qu’ils contiennent de vrais poisons (les produits ménagers, les produits de toilette, les pesticides, les hormones, etc), soit parce que leur production salope de manière grandiose et irréversible l’environnement (raffinage du pétrole, électricité nucléaire ou hydraulique…), voire les deux – c’est cadeau.

Savoir où sont les poisons et comment les éviter fait partie des connaissances que la permaculture t’invite à acquérir. Savoir comment satisfaire tes besoins primaires aussi. Et savoir comment faire tout ça bien, et de façon éthique. La totale.

Reprendre le pouvoir par le savoir-faire


Passé les premiers temps d’ingurgitation intensive de savoirs (quoi), il est temps de s’atteler aux savoir-faire (comment) ! Ben oui, parce que t’es bien avancée une fois que tu mesures l’importance de la récolte d’eau si tu ne sais pas comment procéder. Pareil pour la culture de ta nourriture ou de tes aromatiques à tisane.

Après les grands principes, il s’agit donc de s’intéresser aux mises en œuvre et techniques. Les savoir-faire, de nos jours, ça se perd. C’est rare. Et pourtant, c’est extrêmement important. Question de survie (ou de vie meilleure), tu vois.

Point de permaculture sans mise en application : tu vas donc reprendre le pouvoir en assimilant comment faire toi-même ce qui est important.

Reprendre le pouvoir par l’expérimentation


Lire des bouquins et regarder des vidéos pour s’instruire sur un sujet, c’est une chose, appliquer ses connaissances fraîchement acquises, c’en est une autre !

C’est bien de partir optimiste et de se dire qu’on réussira à atteindre ses objectifs sans trop de mal et du premier coup, mais, selon le domaine, il y a fort à parier qu’ajustements et essais divers et variés (« vers et variés », mouahahaha) seront au programme avant d’atteindre lesdits objectifs – oui, j’ai eu la faiblesse de croire que le jardinage, c’était inné.

Se lancer dans l’expérimentation, c’est accepter l’idée qu’on peut échouer. C’est aussi accepter le contrat d’apprentissage de ses échecs. De fait, même si, au début, ça peut paraître difficile à avaler, l’expérimentation t’enseigne petit à petit à lâcher prise sur tes exigences de résultat, à te figer de peur de rater. Plus tu expérimentes, plus tu es relax vis-à-vis résultats, et moins tu rechignes à essayer ; c’est le pied, voilà, tu as osé !

Reprendre le pouvoir par l’observation


Ce qu’il y a de bien en permaculture, c’est qu’on te rappelle souvent que, même s’il existe de grands principes dont la validité est généralement vérifiée, chaque cas est différent et nécessite, de fait, des ajustements spécifiques. Mais comment faire ces ajustements si l’on ne sait pas au juste en quoi ils sont supposés consister ?

On t’exhorte donc à observer. Observer le fonctionnement des choses, des écosystèmes, des systèmes. Pas de l’observation pour l’observation, ce ne serait pas exactement d’une utilité folle. Il s’agit d’observer pour tirer des leçons, comprendre des fonctionnements, comprendre causes et conséquences.

Observer et comprendre, ça te met les mains dedans ; enfin, de loin : tu touches avec les yeux et les neurones. Et ça t’apprend aussi le non-agir.

Reprendre le pouvoir par la résilience


Un des grands principes de la permaculture, c’est le développement de la résilience. La résilience, c’est la capacité d’un organisme/système à résister aux altérations de son environnement. En gros, la permaculture t’incite à développer des stratégies pour que même s’il t’arrive un mauvais coup (par exemple, le ruisseau s’assèche), tu sois en capacité de subvenir à tes besoins (suite de l’exemple, tu avais récolté et stocké assez d’eau de pluie).

Et ça, ça, c’est un pouvoir énorme ! Imagine : tu as passé beaucoup de temps à lire, à apprendre, à observer, comprendre, à expérimenter. Tu connais ton environnement, tes besoins, tu mets ainsi en place un système capable de répondre à tes besoins, chacune de ses fonctions étant remplie par plusieurs éléments. Te voilà en (relative) sécurité !

Alors, dans l’exemple habituel, on applique ces stratégies-là en permaculture en tant qu’outil de culture/agriculture. Mais c’est un principe valable partout (même dans ta vie citadine aseptisée), à toi de le transposer !

Reprendre le pouvoir par l’action


Si tu as lu l’historique de la permaculture, tu te souviens sans doute que c’est un mouvement qui est né dans une période difficile, et qu’il était voué à répondre aux préoccupations du moment des populations : le manque alimentaire, le manque d’autonomie, le manque énergétique – le manque, quoi.

La permaculture s’est petit à petit imposée comme solution positive à ces problèmes, car elle redonnait à chacun le pouvoir, la capacité à subvenir à ses propres besoins, aux communautés de se rassembler et de se soutenir, le tout sans attendre d’intervention divine (ou de l’État ; note que ça se rejoint un peu en termes de probabilités).

La permaculture a été pensée et développée comme étant un outil de passage à l’action, un éventail de solutions à toutes sortes de problèmes que chacune pourrait solutionner.

Conclusion


On se sent facilement désemparées dans plein d’aspects de nos vies. Désemparées et impuissantes, submergées par les impossibilités, les difficultés, les problèmes. Et ce n’est pas une fatalité. Grâce à la permaculture (entre autres), tu peux reprendre le pouvoir sur ta vie. Il ne tient qu’à toi de t’y mettre. Tu verras, c’est génial !

Dans quels domaines te sens-tu le plus souvent impuissante ? A quelle occasion t’es-tu dit pour la dernière fois « pourquoi je ne sais pas (faire) ça ?! » ? En quoi penses-tu que les préceptes permaculturels peuvent t’aider à reprendre le pouvoir dans ta vie ?


4 Comments

  1. Merci Anne-So pour cette piste de réflexion très intéressante. Je ne pensais pas que le thème de la permaculture pouvait aller aussi loin.
    En réalité, je me sens impuissante dans beaucoup de domaines. Je voudrais pouvoir faire plus, mais je ne me vois pas construire ma maison ou mes meubles, ni produire ma propre énergie, par exemple. En revanche, j’espère un jour être capable de cultiver un potager, pas forcément pour être autosuffisante (car je risque de ne pas manger souvent, dans ce cas), mais pour avoir le plaisir de manger ce que j’ai fait pousser. En attendant, je suis capable de cuisiner, coudre, me débrouiller avec un minimum de choses… ce qui n’est déjà pas mal 😉

    1. C’est ça qui rend la permaculture si passionnante : tu peux vraiment l’étendre à tout (vie professionnelle, personnelle, organisationnelle) ! Concret et abstrait, tout y passe 🙂
      Cuisiner et coudre, c’est vrai que c’est déjà un bon début – pour le coup, je ne sais pas coudre alors que ça me paraît être une compétence importante ; un jour, peut-être…
      Pour ce qui est du potager, je crois que le maître mot, c’est de ne pas voir trop grand dès le début, d’y aller méthodiquement et d’être très attentive dans ses observations. Je suppose qu’avec les saisons et la pratique, on finit par avoir une assez bonne sensibilité pour se fixer de très gros objectifs, en comptant sur les aléas météorologiques. Tu pourrais peut-être commencer par juste une jardinière ? Je n’ai pas essayé, mais j’ai lu du bien de la box à planter ; ça pourrait être un point de départ. Tu connais ? En tout cas, c’est vrai que manger ce qu’on a cultivé, c’est vraiment une expérience excitante et épanouissante !
      En ce qui concerne les meubles, à moins d’avoir des critères esthétiques complexes, ça peut se faire assez facilement pourvu qu’on ait deux trois outils de base. La production d’énergie et la construction de maison, c’est vrai que c’est très intimidant, mais je crois que c’est principalement parce qu’on a aucune idée du « comment » qu’on s’en fait une montagne ; bon après, il y a aussi l’envie qui joue – et la motivation sur le long terme pour la maison ! ^^

      Merci en tout cas pour ton commentaire, j’espère pouvoir lire un jour des billets sur tes expériences potagères sur ton blog 🙂

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