Fabriquer ses toilettes sèches d’intérieur : mon expérience

Depuis que j’ai découvert les toilettes sèches, l’existence même des toilettes à eau me semble encore plus incompréhensible : faire pipi et caca dans de l’eau potable, sommes-nous bien sérieuses ? Gaspiller en moyenne 36 litres d’eau potable par jour et par personne en tirant la chasse, vraiment ? Et encore, on ne compte pas toute l’énergie nécessaire à la fabrication, l’acheminement et l’installation des réseaux d’égout, des stations d’épuration, etc. Toutes choses qui pourraient être évitées avec des toilettes sèches !

Lasse de l’absurdité de ce monde, dès que l’occasion s’est présentée, j’ai voulu me fabriquer ma propre toilette sèche pour l’intérieur de ma maison (je dis « ma » maison, mais je suis seulement locataire, je précise, sait on jamais, des fois que tu t’imagines que je suis à la tête d’un patrimoine immobilier à faire pâlir les partisanes de la macronie les plus acharnées).

Et au cas où l’expérience te tenterait et qu’il te manquerait juste quelques infos et/ou exemples, je te raconte ici la construction de mon tout premier modèle de toilettes sèches – et pour en savoir plus, tu peux aussi lire mon retour d’expérience d’un an d’utilisation des toilettes en question.

Fabriquer ses toilettes sèches d'intérieur, mon expérience

Installer des toilettes sèches

Avant d’entrer dans la construction elle-même, je voudrais te parler de l’idée d’installer des toilettes sèches chez soi.

Quand j’ai re-découvert les toilettes sèches à l’occasion de mes explorations permaculturelles (parce qu’en vrai, j’en avais déjà fait l’expérience, mais ce n’était pas étiqueté « toilette sèche » dans mon esprit), je (sur)vivais en région parisienne, dans un appartement.

Pas encore très débrouillarde en bricolage à l’époque, pas habituée à réfléchir à faire moi-même et limitée par mon état d’esprit et mes habitudes, j’ai vite abandonné l’idée d’installer des toilettes sèches dans ledit appartement.

Et pourtant ! Avec le recul, je me dis que j’aurais très bien pu le faire, même en étant en location (j’insiste là-dessus, parce que ça a été un frein absurde à ma réflexion pendant longtemps). Après tout, installer des toilettes sèches ne demande aucune plomberie, rien de définitif, c’est juste comme poser un meuble : ça se déplace (et se déménage !). Une petite toilette sans eau aurait pu facilement trouver sa place dans un coin de ma salle de bain.

La face supérieure du coffre de toilettes avec l'abattant fixé, avant huilage du bois - il a encore sa couleur naturelle.
L’aspect du bois avant huilage

De la même façon, quand j’ai déménagé dans « ma » première maison, j’aurais tout aussi bien pu y installer des toilettes sèches d’intérieur. Mais j’ai buté – bêtement – sur l’idée qu’il fallait que ces toilettes soient dans la pièce consacrée « wc ». Ridicule. Comme dans l’appartement, un petit siège en bois n’aurait pas déparé dans la salle de bain.

Ce petit détour par ma propre expérience n’a qu’un seul objectif : t’inciter à penser en dehors de la boîte. A ne pas te laisser limiter par les habitudes ou l’inconnu. Il suffit de peu d’espace pour remplacer (ou complémenter) des toilettes à eau par des toilettes écologiques et économiques. Et ça n’a pas besoin d’être dans « les toilettes ». Ça peut être dans une salle de bain ou un placard. Voire sur un balcon, caché derrière des paravents…

Construction de mes toilettes sèches en bois de récup

Mon siège de toilette sans eau est mon deuxième ouvrage de menuiserie. Autant te dire que j’ai envie de lui offrir une belle place ici – à défaut de soleil, ce sera les pixels. Pas seulement pour soigner mon ego – mais faut bien avouer que j’en étais fière et qu’encore aujourd’hui je trouve le résultat satisfaisant – mais aussi pour dire : oui, même sans expérience en menuiserie, tu peux te fabriquer des toilettes sèches en bois (même s’il existe beaucoup d’autres solutions !).

Au moment de la construction, avant mon dernier déménagement de « maison numéro 1 » à « maison actuelle », j’avais réussi à dénicher des palettes de récup’ (bois non traité, vérifie bien ce que tu utilises !) que j’avais démontées avec amour – et surtout à bons coups de marteau à faire résonner tout le vallon. J’avais tendrement nettoyé chaque planche (eau + vinaigre + savon noir), que j’avais patiemment laissé sécher avant d’enfin les poncer une à une. Opérations qui s’étaient étalées sur plusieurs jours – mais n’ayant pas documenté tout ça, je ne saurais pas te dire combien ! Je sais, c’est mal. Je ferais mieux la prochaine fois.

Le coffre de toilettes sèches terminé avec les cotes indiquées en couleur.

Pour déterminer quelle taille devrait faire mon coffre, je me suis tout simplement inspirée de la taille du siège en porcelaine de maison numéro 1, où je me trouvais alors. J’ai aussi pris en compte l’espace disponible dans le futur emplacement (limité) et hop, le tour était joué : j’avais les dimensions de mon coffre – soit 40cm de large, 50cm de profondeur et 42,5cm de haut.

J’ai opté pour la solution du coffre simple, sans espace pour entreposer la sciure (mais assez pour stocker les brosses de nettoyage et le couvercle du seau), parce que je n’étais pas sûre des dimensions maximales et que je n’avais pas la possibilité d’aller vérifier sur place.

Pour la construction à proprement parler, c’était extrêmement complexe (ceci n’est pas une boutade. Ou peut-être que si.) : chaque face du coffre consiste en un assemblage de planches verticales (ça me paraissait mieux que l’horizontale pour la solidité) attachées entre elles par deux tasseaux horizontaux, un en haut, un en bas. Une véritable prouesse technique et technologique. Elon Musk n’a qu’à bien se tenir.

Face supérieure vue du dessous : tasseaux apparents et vis de fixation pour l'abattant.
Vue du dessous de la face supérieure

J’ai installé les tasseaux du haut à une épaisseur de planche du rebord pour que les tasseaux de la face supérieure du coffre puissent reposer directement dessus – là aussi, question de solidité.

Une fois toutes mes faces prêtes, j’ai assemblé les 4 de la base avec de petites équerres en métal, une en haut et une en bas à chaque angle. Et voilà, le socle était fait. Fou, n’est-ce pas ? Une complexité incroyable.

Pour la face supérieure, j’avais réussi à dénicher une lunette de toilettes « effet bois » pour pas trop déparer – environ 36cm de large sur 42,5cm de long. Je m’en suis servi pour marquer le contour du trou à découper… Parce que j’avais oublié en cours de route qu’il me faudrait une bavette pour faire la jonction entre la face supérieure et l’intérieur du seau – pour éviter les projections. Donc j’ai du réajuster le trou à la bavette après coup. Autant pour moi.

Vue intérieure du coffre de toilettes sèches : tasseaux de fixation et équerres apparents, , espace de rangement pour les brosses de nettoyage et le couvercle
Vue intérieure du coffre

Puis il ne restait plus qu’à installer la lunette. Deux petits coups de perceuse plus tard, c’était fini, mes supères toilettes écologiques étaient fin prêtes !

Enfin, presque : j’ai juste huilé un petit coup le tout (huile de colza + huile de lin), ajouté ma bavette et… mon seau (20L) en dessous. Et voilà, y’avait plus qu’à.

Fabriquer ses toilettes sèches : le prix

Je n’ai pas de réponse universelle : tout dépend de ce que tu consens à faire toi-même, de ce que tu peux récupérer et du temps que tu peux y passer.

Personnellement, j’ai acheté la lunette « effet bois », la bavette en inox, le seau en plastique de qualité alimentaire (j’en ai acheté plusieurs qui m’ont également servi de seau à peinture et que je garde précieusement) et toute la visserie. Je dirais, un peu au pif parce que c’était il y a un moment et que je n’ai pas fait la comptabilité précise, que ça m’a coûté une centaine d’euros et pas mal d’huile de coude.

La bavette en inox : un cercle d'une vingtaine de centimètres de haut avec un petit replat pour se maintenir en place et éviter les projections
La bavette en inox

Conclusion

Fabriquer ses propres toilettes sèches en bois, c’est simple. Et plus tu récupères de matériaux, plus tu as de temps, moins c’est cher.

Ce qui est important, c’est de ne pas rester bloquer sur une technique si elle n’est pas appropriée à ta situation : commence par regarder autour de toi de quels matériaux de récupération tu peux facilement disposer – trouer une chaise est plus rapide et moins cher que fabriquer un caisson, même en bois de récup… A méditer !

Aperçu d'un tableau pinterest regroupant des images de toilettes sèches d'intérieur d'inspiration diverse.
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