Le Flux Instinctif Libre : une révolution dans ta culotte !

La littérature fleurit sur le sujet : de plus en plus de personnes se mettent au flux instinctif libre. Pourquoi ? Pour qui ? Comment ? Je t’explique tout !


Petit rappel introductif : je sais que « les femmes » ne sont pas les seules concernées par les règles. Je t’explique dans mon à propos pourquoi cet article, comme tous les autres, est écrit au féminin.

Je n’ai pas pour habitude de faire deux articles consécutifs sur le même sujet, mais la réaction de Rozie sur la coulitude des règles m’a fait considérer la question sous l’angle de « l’utilité publique » : les règles sont un sujet de préoccupation majeur (et, souvent, d’embêtement) pour beaucoup d’entre nous, et l’accès à l’information sur le sujet est très formaté par la société de consommation. Il suffit de lire les articles et commentaires des unes et des autres un peu partout sur la Toile pour s’en rendre compte.

Or, le savoir est une forme cruciale de pouvoir, d’autant plus quand il s’agit de comprendre son fonctionnement propre. Connaître les options à notre disposition, recevoir les expériences nouvelles, c’est s’ouvrir la possibilité d’une plus grande liberté, de davantage de sérénité.

J’aurais très sincèrement voulu disposer des informations que je te livre ici beaucoup plus tôt dans ma vie. Cela m’aurait probablement aidée à mieux m’accepter, m’aimer et me faire confiance. A défaut, j’espère que cette transmission de connaissances pourra en guider plus d’une sur le chemin du bien-être et de l’estime de soi : tes règles ne sont pas une corvée, et ta chair est ton alliée. Fais-toi confiance !


Comment faisait ton arrière-arrière-arrière-arrière[...]-grand-mère quand elle avait ses règles sans tampon ni serviette ? Elle pratiquait le FIL, pardi !

Le flux instinctif libre, c’est quoi ?


Le flux instinctif libre, aussi appelé FIL ou free-flow en anglais, est une méthode de gestion du flux menstruel. Sans aucun doute la plus écologique et économique, cette méthode de gestion des règles se base sur la capacité de chacune à ressentir ses pertes voire à les retenir pour les évacuer dans les toilettes.

En gros, pendant tes règles, tu n’as plus besoin de « protections » quelconques : tu ressens les écoulements suffisamment tôt pour pouvoir les « libérer » aux toilettes, et/ou tu les retiens jusqu’à ce que l’opportunité d’aller au petit-coin se présente. Fastoche, non ?

Le flux instinctif libre, c’est pour qui ?


Sur la Toile, comme toujours, on trouve tout et son contraire. Il n’y aurait à ce jour aucune étude scientifique réalisée sur le sujet – en même temps, ça touche seulement « la classe sociale des femmes », alors on se doute bien que ce n’est pas la priorité de la science ; sans compter le manque à gagner pour les industries en cas d’adoption massive de ladite méthode, BREF ! – pour trancher de manière fiable les diverses affirmations.

Toutefois, il est avéré qu’en période de règles, les pertes de sang sont bien plus réduites qu’on ne les imagine lorsqu’on utilise des « protections hygiéniques » classiques : 80mL en moyenne, avec une minimale à 50mL et une maximale à 100mL – au-delà, les pertes sont considérées comme excessives et nécessitent une consultation médicale. Le tout réparti sur la durée de tes règles, avec des jours plus fastes que d’autres. Ça t’en bouche un coin hein ? Même celles qui ont un « flux important » ne perdent pas tellement plus de sang que celles qui ont un « flux léger ».

S’il est vrai que nous en sommes à deux voire trois générations biberonnées à la « protection hygiénique » jetable ou lavable, je suppute que les femmes n’ont pas toujours porté des couches pour éponger leur sang ; je peux me tromper, mais il me semble peu probable que les aborigènes arborent une culotte de règles certains jours, et pas davantage que les arrière-grand-mères des arrière-grand-mères de nos arrière-grand-mères aient farci leurs dessous de foin (ou autre matériau plus ou moins absorbant). Et je ne remonte ni à l’antiquité, ni avant. M’est avis que les femmes ont, très longtemps, tout simplement fait en sorte d’évacuer leur flux lorsqu’il se présentait ou l’ont retenu autant que nécessaire. Pour moi, le FIL, ce n’est pas une révolution mais un simple retour au bon-sens.

Cela étant dit, je suis fermement convaincue que tout le monde peut pratiquer le flux instinctif libre – à condition de prendre cette pratique calmement et de manière positive, sans se faire des montagnes d’une fuite éventuelle : c’est pas grave. Vraiment. Aucune importance.

Existe-t-il des contrindications à la pratique du free-flow ?


J’ai lu circuler des avis de « médecins » sur le sujet. Certains affirment que c’est impossible (laissez-moi rire), d’autres que retenir son sang serait un facteur multiplicateur d’infections, celui-ci n’étant pas stérile. Et je ris à nouveau, et à gorge déployée cette fois : si retenir le sang est potentiellement dangereux, que penser du tampon, corps étranger qui macère, imbibé de sang, dans le vagin des heures durant ? Sans même évoquer les dangers liés aux produits toxiques qu’il contient et mis en contact directs avec une muqueuse (et qui dit muqueuse dit migration de produits vers le corps facilitée) ? Sans compter non plus que, quoi qu’il arrive, le sang passe nécessairement par le vagin, et une partie y reste certainement collée aux parois pour s’écouler plus tard.

Bref, ces prétendues contrindications ne sont à mon sens qu’un pur « bull-shit » de médecins réac’ et pas renseignés. Ce qui, somme toute, semble arriver relativement souvent.

Pourquoi pratiquer le flux instinctif libre ?


Tu me poses vraiment la question ? Très bien, voilà mes réponses :

  • Pour ta santé, banane ! Plus de Monsanto dans la culotte ou les muqueuses, tu préserves ton corps de ces produits toxiques hautement nuisibles – à défaut de pouvoir t’en préserver ailleurs.
  • Pour la Terre et toutes ses habitantes ! Exit les gaspillages d’eau pour la culture du coton OGM, la pollution des pesticides, de la manufacture, des emballages, du transport puis des « protections » usagées (qui mettent environ 500 ans à se dégrader. Cool, n’est-ce pas ?). Terminé le plastique qui empêche ta peau de respirer. Fini les « protections » lavables et toute l’eau et la lessive dont elles entraînent le gaspillage (même si c’est toujours mieux que du jetable).
  • Pour ta tranquillité d’esprit. Plus besoin de prévoir ton emploi du temps en fonction de ton cycle, ni de penser à vérifier sac et poches pour être sûre d’avoir « le matos » : tu pourrais sortir à poils que ça ne changerait rien ! Tu n’as plus besoin d’anticiper.
  • Pour ton portefeuille. Mises bout-à-bout, toutes les dépenses liées aux « protections hygiéniques » reviennent cher, en plus de tous leurs autres inconvénients. Autant utiliser tes petits sous ainsi économisés à, par exemple, consommer des aliments de meilleure qualité, non ?
  • Pour ton bien-être. La zone rouge super reloue du mois disparaît de ta vie. Tu n’angoisses plus sur les possibilités de changer ou de jeter quoi que ce soit. Tu vis simplement ta vie, et c’est trop cool !

Comment pratiquer le flux instinctif libre ?


Tu vas sûrement être déçue : il n’y a pas de méthode miracle, ni de pas à pas, ni de technique spéciale. C’est LA caractéristique du FIL qui rend sa transmission complexe : cette pratique relève essentiellement du ressenti individuel, et, puisque nous ne sommes pas toutes fichues pareil, difficile de prodiguer des conseils valables pour toutes !

Quelques petites choses cependant :

  • Il est plus confortable de se lancer dans le flux instinctif libre pendant une période de calme (par exemple pendant un week-end ou des congés) avec des toilettes à proximité : savoir que l’on est confortablement installée chez soi et que les toilettes sont accessibles permet de garder l’esprit plus tranquille et de se focaliser sur ses sensations.
  • Il est ESSENTIEL de dédramatiser tout accident éventuel. Si tu te lances dans cette nouvelle pratique en paniquant à l’idée d’avoir une tâche, c’est perdu d’avance. Pas parce que tu auras forcément des tâches, mais parce que tu vas t’épuiser à t’angoisser, tu ne seras concentrée que là-dessus et par sur tes sensations, bref, tu te voues à une sorte d’Enfer terrestre et tu vas vivre l’expérience comme un fardeau. Au contraire, le flux instinctif libre est supposé t’apporter légèreté et sérénité, pas angoisse et épuisement. Alors, surtout, sois zen !
  • Il me semble important de se lancer vraiment, et pas à moitié. J’imagine d’ici la scène : tu veux essayer le FIL, mais tu ne veux pas prendre le risque de te faire une tâche. Alors tu te dis : OK, pas grave, je vais mettre une serviette, et on verra bien. ERREUR ! Le simple fait de garder une serviette dans ta culotte au cas-où fausse la donne : puisqu’il n’y a pas d’enjeu, puisque tu peux te permettre d’avoir des pertes, il est fort probable que l’expérience ne soit pas concluante – ton subconscient sera trop relax’ pour te donner le coup de main que tu attends de lui. Et si l’expérience n’est pas concluante, tu ne recommenceras pas, et adieu la liberté… Dommage, tu ne crois pas ?
  • Tu dois avoir confiance en toi. En ta capacité à réussir. Ce que tu t’apprêtes à faire, à savoir vivre ta vie comme si tu n’avais pas de règles, c’est quelque chose que des millions de femmes, peut-être des milliards ont déjà fait avant toi. C’est quelque chose d’inscrit dans ton fonctionnement, physiologiquement parlant. Tu n’essaies pas de t’entraîner à peindre avec ton vagin ou à pomper toute la Méditerranée dans ton utérus (paraît que c’est un muscle trèèèèèèès extensible) : tu vas juste ressentir l’arrivée de tes écoulements pour les libérer aux toilettes, voire les retenir un peu. Ce n’est ni sorcier, ni surhumain : c’est à ta portée, et tu ne dois pas en douter.

D’un point de vue pratico-pratique, il n’y a pas grand-chose à dire. Le meilleur moyen de savoir comment fonctionne le flux instinctif libre, c’est de le pratiquer : à la clé, un incroyable sentiment de liberté, de légèreté, et la réconciliation garantie avec ce moment particulier du mois. Ça vaut le coup de tenter, non ?

Mon expérience du FIL


Et que serait un article sur le flux instinctif libre sans le témoignage qui va avec ? Décevant, sans nul doute ! Ne pleure donc pas m’amie, voilà ma propre histoire avec cette pratique absolument géniale, que je recommande vraiment à toute personne ayant ses règles !

Pendant très longtemps, j’ai utilisé des serviettes « hygiéniques ». Je n’étais pas forcément très à l’aise avec l’idée d’introduire un objet extérieur dans mon corps, et j’avais bien lu la notice (oui, oui, je lis les notices explicatives pour tout, même la préparation des pâtes ; parfois, on apprend des choses !) qui mentionnait le risque de Syndrome du Choc Toxique. Sachant qu’il y avait eu un antécédent familial de Syndrome du Choc Toxique, je n’avais pas vraiment envie de courir le risque.

Puis, un jour, je suis passée aux tampons. Et vu que ça me gonflait grandement de changer ces trucs très souvent, j’ai régulièrement dépassé la durée maximale recommandée d’utilisation. Dans mon inconscience, j’ai eu de la chance : je n’ai jamais contracté de SCT.

Le jour où j’ai découvert la cup, évidemment, j’ai essayé : ne plus polluer avec mes « protections » usagées, pouvoir garder l’objet en place 12h d’affilée, c’était pour moi une belle avancée. J’ai réussi assez rapidement à la mettre en place correctement (sans fuite). Je n’ai toutefois pas du tout apprécié la sensation (j’avais pourtant pris la plus petite cup disponible) de l’objet en place. Cela m’était assez désagréable. Mais c’était toujours mieux que le reste, alors j’ai continué à l’utiliser.

Ce n’est qu’au bout de quelques mois après mes débuts d’utilisation de ladite cup que je suis tombée sur la vidéo de Pauline du blog les Cheveux de Mini qui parlait du flux instinctif libre. Je n’avais jamais entendu parler de cette pratique auparavant, mais elle m’a immédiatement parlé : ça me paraissait complètement évident, logique. Je ne me souviens plus bien du contenu de la vidéo (qui a depuis disparu). Je me souviens par contre avoir été extrêmement emballée. Ni une, ni deux, j’ai mis ma cup au rencard – c’était il y a 4 ans. Je ne suis pas revenue en arrière.

Lorsque les règles suivantes sont arrivées, j’ai fait comme si j’avais toujours pratiqué le FIL : je suis sortie sans rien, c’était marche ou crève. L’ « échec » n’était pas une option. A cette période, j’avais des journées à rallonge : 1h30 de transports pour aller au travail, boulot jusqu’à 18h au mieux, puis rebelote pour les transports. Si, au bureau, j’avais facilement accès à des toilettes, il n’en était pas question sur le trajet, que je devais passer debout. Tu te doutes bien que je n’ai pas été complètement sereine, les premières fois. J’étais même un chouia crispée – eh si. Et pourtant. Jamais je n’ai eu d’accident. J’ai bien eu une ou deux fois une petite trace. Mais c’est tout.

Rassure-toi : je ne passe pas mon temps à penser à contracter mon périnée comme une névrosée. En fait, je n’y pense même pas. Je suis en pilote automatique, et ça se passe très bien.

Je peux faire du sport sans problème (une fois passées les grosses douleurs et la fatigue du début, évidemment) – et quand je dis « faire du sport », je parle de course d’endurance, en position debout donc – et les nuits sont sereines. Pas besoin de se lever à mi-parcours pour aller aux toilettes : ces nuits-là ne changent pas des autres. Je peux me baigner sans risque de jolie traînée rose (l’immersion du corps suspendrait l’activité de l’utérus) et cavaler toute une journée en visite sans m’inquiéter. En bref, le flux instinctif libre a redessiné mon rapport avec mes règles. Elles ne me pèsent plus du tout.

Et la petite note de fin, c’est que je ne perds pas qu’une demi-goutte par jour de règles. L’importance de mon flux varie d’un cycle à l’autre, mais oui, j’ai des journées de flux intense et épais. Oui, j’ai parfois l’impression de perdre « beaucoup ». Et non, ces intensités ne me posent pas davantage de problème avec le FIL.

Conclusion


Difficile d’expliquer à une novice comment pratiquer le flux instinctif libre : cela relève surtout des sensations, et est donc spécifique à chacune.

Toutefois, je suis absolument convaincue que toute personne ayant ses règles peut pratiquer le FIL ; cela demandera peut-être plus de pratique à certaines qu’à d’autres, mais les possibilités sont égales. Il n’y a qu’à se connecter à ses sensations, et se faire confiance : nous ne sommes pas les instigatrices du free-flow, seulement en redécouverte d’un pouvoir ancestral. Un petit pas pour une immense liberté !

As-tu déjà essayé le flux instinctif libre ? Le pratiques-tu ? As-tu des conseils supplémentaires à donner à celles qui voudraient essayer ? Es-tu tentée par l’expérience ?


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6 Comments

  1. aurelie

    Salut anne so, je faisais un tour sur ton blog, et trop cool, je viens d’apprendre quelque chose que je n’avais pas du tout entendu parler avant, ca me donne bien envie d’essayer. Ben oui j’y aurais jamais pensé en fait, j,avoue que je suis fan des serviettes lavables.
    Le « plus de monsanto dans la culotte » m’a bien fait rire.

  2. Marie

    Hey ! Je m’intéresse au FIL car je le pratique en ce moment, tout va bien j’en suis à la fin du 1er jour mais j’appréhende plus la nuit. Une question : qu’en tu vas aux toilettes pour te  » vider  » est ce que ta quantité de sang est faible (quelques gouttes ) ou il y en a beaucoup ?

  3. Mathilde

    Salut, j’ai entendu parler récemment du FIL pour moi c’était un peu LA solution miracle puisque mes règles sont très irrégulières donc je n’ai pas toujours des serviettes hygiéniques, etc. J’ai actuellement mes règles et pour la première fois j’expérimente le FIL: comme il n’y a pas de technique à proprement parler, je le fais au niveau du ressenti et j’avoue que depuis hier j’ai des petites victoires. J’arrive à me retenir pour aller jusqu’aux toilettes donc pour moi c’est que du positif: économique, écologique et sans tous les produits qu’on trouve dans les tampons et serviettes!

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