Less is more, ou comment vivre mieux avec moins

Acheter, vouloir toujours plus, est l’élément central de notre société, son pilier, sa raison d’être. Et pour continuer d’exister, elle te susurre en permanence de fausses envies : tu dois nourrir la chose et surtout, surtout, ne pas poser de question.


Si l’on en croit les sirènes hurlantes du consumérisme, plus on en a, mieux on est. Et mieux on est (comprendre, plus on est supérieure à celles qui ont moins), mieux on se sent. En gros, le consumérisme, c’est une transposition de l’esprit de compétition à la possession.

Je suis certaine qu’il ne t’a pas échappé que dans notre joviale société, la compétition doit être partout, tout le temps. Depuis ton plus jeune âge, jusqu’à la fin de ta vie, chaque membre de la société est ton compétiteur direct. Que ce soit sur le classement de la classe de maternelle jusqu’à celle qui a la plus grosse – poitrine, voiture, ou… ce que tu veux 😛 -, le moins de rides, le plus gros salaire… Bref, pour exister, tu dois avoir plus que. Ou même plus, tout court.

Pour beaucoup d’entre nous, « avoir plus » ne peut être accompli que par l’achat compulsif de petites choses ; c’est moins cher, moins engageant, et, en fin de compte, très facile. On ne risque pas, a priori, de se retrouver en difficulté parce qu’on a acheté ce joli mug, si ?

Et pourtant ! Entre les dépenses inutiles, les dommages écologiques, la dépendance émotionnelle et les pertes de temps, ce « petit plaisir coupable » de « posséder plus pour se sentir mieux » accomplit exactement l’inverse de ce que tu attends de lui !

Vivre mieux avec moins, ça commence par arrêter d'acheter n'importe quoi et par se débarrasser du superflu. Je t'explique pourquoi.

Acheter plus, pour avoir moins d’argent


Avant toute chose, je voudrais te dire que faire circuler l’argent, c’est bien. C’est même essentiel. Non seulement pour l’ « économie » en général (qui périclite si l’argent est immobilisé), mais également pour toutes celles qui, individuellement, constituent l’économie : des personnes « comme » toi, qui ont besoin de bénéficier à leur tour de cette énergie pour continuer à avancer – que ce soit pour se nourrir, se loger ou se vêtir. Bref, utiliser son argent, en soi, ce n’est pas mal, loin de là. C’est même plutôt cool ; après tout, c’est pour ça qu’il a été créé !

Là où ça devient moins tip-top-moumoutte, c’est quand ton argent devient une énergie négative :

  • Tu finances des entreprises dépourvues de moralité, dont les activités sont destructrices
  • Tu investis dans des personnes tout aussi dépourvues de moralité, dont les activités sont destructrices – que ce soit consciemment ou pas
  • Tu achètes des produits dont la fabrication a des conséquences néfastes sur l’environnement ou tes concitoyennes terrestres (c’est aussi valable pour les articles en cuir que les avocats ou les métaux rares)
  • Tu achètes des trucs dont tu n’as pas besoin et que tu vas traîner comme des boulets (même si tu ne le formules pas ainsi)

Bref, il y a plein de moyens d’utiliser son argent à bon escient, et au moins autant de manières de le charger négativement.

On parlera de morale et d’éthique un autre jour (tu croyais vraiment que tu allais y échapper ?! Laisse-moi rire !). Par contre, ce dont on va parler tout de suite, c’est qu’utiliser son argent « parce qu’il est là, il faut bien qu’il serve ! » ou « j’ai envie de me faire plaisir » pour acheter un truc totalement inutile, c’est non !

L’acte d’achat compulsif n’est pas une bonne idée, non seulement pour toi, mais aussi pour ton compte en banque ! Garde ton oseille pour financer des choses utiles : par exemple, au hasard, une nourriture plus saine (c’est la santé !), un pull bien chaud pour l’hiver, ou un bouquin sur un sujet qui t’intéresse – liste non exhaustive, of course. Ce sera de l’argent bien utilisé, que tu ne regretteras pas d’avoir dépensé, et qui t’apportera quelque chose.

Acheter plus, pour penser moins


La décision d’achat, c’est avant tout une émotion. Une émotion justifiée ensuite par des arguments (plus ou moins) rationnels. Et la plupart du temps, les émotions auxquelles répondent les actes d’achat sont des émotions négatives : on joue sur ta peur de ne pas être assez ceci, pas être assez cela, sur ton « devoir » d’être comme-ci ou comme-ça. On essaie de te faire croire que si tu n’achètes pas, tu es en tort. Que tu es une mauvaise personne. Que tu es une déviante. Que ce refus de ta part de te conformer aux injonctions marketing te vaudra d’être montrée du doigt par tout le monde. Tu ne voudrais surtout pas ça, n’est-ce pas ? Alors achète, achète, et surtout, ne pense pas !

Acheter devient ainsi un passe-temps, un exutoire. Acheter devient la planche du salut, un moyen de rentrer dans la case, de ne pas faire de vagues. On a eu une mauvaise journée ? On va se donner bonne conscience en dépensant quelques euros pour se racheter. Les autres, et nous aussi, verront bien que nous sommes de bonne volonté, si on achète ce nouveau truc dont tout le monde parle, non ?

Après l’achat, vient l’utilisation. Tu n’as pas eu le droit de réfléchir avant d’acheter. Il fallait te décider là, maintenant, tout de suite, c’était une urgence, il n’y avait pas une seconde à perdre, qui sait ce qui se serait produit sinon ? Maintenant que tu as ce truc tout neuf chez toi, tu vas l’utiliser – peut-être. L’utiliser te prendra du temps, un temps que tu ne prendras pas pour autre chose. Voir ce truc tout neuf occupera tes pensées, ne serait-ce qu’un instant. Qui sait quelle réflexion intéressante aurait pu naître à la place ?

Mais surtout, ce nouvel objet fraîchement arrivé chez toi va prendre de la place. Il va prendre la poussière. Il va se retrouver au mauvais endroit – tu n’as jamais remarqué à quel point les objets aiment se balader chez toi dès que tu as le dos tourné ? Tu vas donc passer du temps à le nettoyer, nettoyer autour et sous lui, à le déplacer. Tout le temps que tu vas passer à t’occuper de lui mobilisera tes pensées – et retardera d’autant les prochaines évolutions sociétales.

Acheter plus, pour peser plus lourd


Cet intertitre est certainement un peu bizarre – en plus il est difficile à dire ; essaies, tu vas voir ! -, mais c’est la vérité : plus on « possède » d’objets, plus on « pèse lourd ». Évidemment, je ne dis pas que tu vas prendre 5kg chaque fois que tu vas dépenser 5€. Ce que je te dis, c’est que chaque objet qui franchit le pas de ta porte représente une nouvelle responsabilité : tu vas devoir lui trouver une place, l’entretenir. Tu vas devoir l’empaqueter quand tu déménageras. Le déballer quand tu seras arrivée. Tu devras assumer sa présence quand d’autres personnes entreront chez toi. Tu devras porter le poids des souvenirs qui lui sont attachés.

En fin de compte, et sans que tu t’en rendes compte, tu te constitues un véritable brouhaha mental avec tous ces objets. Ça n’arrête pas un instant. Où que tu poses ton regard, ces objets sont là, et te rappellent quelque chose. De pas toujours sympa.

Mais surtout, ils te possèdent. Parce que tu vas angoisser à l’idée de les perdre, de les abîmer. Tu vas avoir peur qu’on te les vole. Qu’on te les casse. C’est ainsi qu’au lieu de profiter de ce délicieux repas en amoureuses qui se profile, tu vas avoir les glandes parce que ta moitié aura fait tomber les flûtes de cristal de mamie. Ballot !

Réduire ses possessions pour se simplifier la vie


La question est : mais alors pourquoi achetons-nous tant puisque c’est à ce point une mauvaise idée ? Ben parce que ça fait les affaires de ceux qui te refourguent des trucs, pardi ! Bien sûr, tu aurais sûrement moins envie d’acheter un énième rouge à lèvres si on te disait « achetez-le, il nous rendra plus riche et vous fera bien chier ». Tu admettras qu’à ce niveau de communication, tu ne te laisserais pas prendre, même avec 39 de fièvre !

De fait, l’idée, c’est :

  • D’arrêter d’acheter n’importe quoi. Tu devrais d’ailleurs envisager d’arrêter d’acheter tout court pendant un certain temps. Ça change beaucoup la perception que l’on a des objets et de l’acte d’achat !
  • De faire le tri dans ce que tu as pour alléger ton esprit, passer moins de temps à ranger et nettoyer, et passer plus de temps à des activités saines, c’est-à-dire qui ne jouent pas sur des émotions négatives.

Pour t’aider un peu plus dans ton processus de désencombrement, un petit « truc » : tu ne dois garder/acheter que des objets dont tu as BESOIN. Comment fait-on la différence entre un besoin et une grosse envie pressante de la mort qui tue ? Fastoche !

Tu as besoin d’un objet si et seulement si aucun de ceux que tu as à disposition ne te permet de faire ce que tu veux faire ET que de la réalisation de ton objectif dépend ta capacité à t’alimenter, te loger ou te vêtir.


Tout ce qui n’entre pas dans ces critères relève de l’envie.

Tu as encore des doutes ? Attends voir :

  • As-tu réellement besoin de 10 assiettes ?
  • As-tu réellement besoin de 15 bols ?
  • Ne pourrais-tu pas te laver corps et cheveux avec le même produit ?
  • As-tu vraiment besoin de trois types de vinaigre différents ?
  • 7 robes et 5 jupes, vraiment ?
  • Assez de t-shirts pour en porter un par jour pendant un mois sans les laver, sérieusement ?
  • Et tous ces livres que tu as déjà lus, ne pourraient-ils pas plaire/rendre service à quelqu’un d’autre ?

Bref, tu as compris le truc : pour chaque objet qui traîne chez toi (meubles compris), pose-toi des questions. Est-ce que je m’en sers ? A quelle fréquence ? Pour quoi faire ? Ai-je un autre objet qui sert/pourrait servir à la même chose ? Est-ce que je peux détourner cet objet pour d’autres usages complémentaires ? Pourquoi est-ce que je l’ai ? Etc.

L’exercice peut sembler rude au premier abord. Tu vas peut-être avoir l’impression de t’amputer d’une part de ta liberté – voire de toi-même, selon ton degré de fétichisme. Toutefois, c’est un exercice très intéressant à faire, et carrément libérateur lorsqu’on le répète souvent. A force, se débarrasser de ses objets devient presque un jeu. Il m’arrive parfois, lorsque je me sens un peu déprimée, de chercher ce dont je pourrais me séparer pour « m’alléger » un peu l’esprit…

Conclusion


Élevées dans l’idée qu’acheter, c’est être heureuses et libres, nous nous étouffons petit à petit les neurones avec des tonnes de trucs inutiles qui ne font que nous alourdir au quotidien : plus de ménage, de rangement, de pensées parasites, et beaucoup moins de tranquillité d’esprit… Sans parler du manque à gagner financier !

La bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas une fatalité : nous avons chacune le pouvoir de reprendre nos vies en main et de donner plus de sens à notre quotidien !

Et toi, es-tu du genre acheteuse compulsive ? Cet article te donne-t-il envie de te séparer de certaines choses ? Lesquelles ? Pourquoi ? Raconte !


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