Parce que c’est ma mission.

Quand j’ai commencé à imaginer Ze PermaLab, il y a maintenant plus d’un an, je ne savais pas vraiment (du tout) où j’allais. Pas plus que je ne savais comment y aller. Et je me disais que, de toute façon, ce n’était pas très important, parce que ce que j’y dirais et ce que j’y ferais n’intéresserait probablement pas grand monde (en vrai, je pensais « personne ») et ne ferait strictement aucune différence dans la masse de blogs et autres sources d’information disponibles sur le net.

La vie a continué, et le petit vélo a poursuivi son inlassable pédalo.

Jusqu’au jour où je me suis réveillée : bien sûr que si, c’était important. C’était ma mission. Il fallait que je le fasse. Les risques existaient que ce soit difficile, que ce soit dangereux, que je prenne des coups (à l’ego, notamment). Mais il était primordial que je passe à l’action malgré tout. Que je dise ce que j’avais à dire. Que je défende ce qui avait de l’importance à mes yeux, quoi qu’il m’en coûte. Parce que, si je ne le faisais pas, qui le ferait ? Si je ne prenais pas mes responsabilités, comment le monde pourrait-il bien changer ? Si je ne prenais pas de risques, comment pouvais-je espérer vivre en paix ?

Parfois, il suffit de peu de choses pour se souvenir de qui on est.

Alors je suis passée en seconde. J’ai pris les choses plus au sérieux, j’ai avancé. J’ai trouvé le nom Ze PermaLab, j’ai réservé le nom de domaine, choisi un thème, commencé à le bidouiller. Et j’ai commencé à écrire. J’avais même fixé une date de lancement, en plein milieu d’autres choses de « la vraie vie » qui allaient me prendre un temps fou et une énergie déjà plutôt rare, en me disait que, de toute façon, il n’y aurait jamais de « moment idéal ». C’était maintenant ou jamais. Et maintenant, c’était quand même mieux.

J’ai eu le feu sacré quelques semaines, puis, l’hiver aidant, sans doute, il s’est un peu étouffé. De brasier incandescent, je suis devenue feu follet. Je ne savais plus où j’allais. Et j’étais de nouveau convaincue que je n’arriverais à rien et que je n’étais pas faite pour ça. Qu’il valait mieux tout plaquer, parce que c’était ridicule. Mais puisque j’avais déjà engagé de l’effort, j’ai laissé la barque dériver.

Toujours, le petit vélo me ramenait à ça : il fallait faire quelque chose. Je savais mieux de quoi je voulais parler, mais toujours pas comment aborder le sujet. Je commençais à me dire qu’il ne fallait pas froisser. Qu’il fallait ménager les susceptibilités. Que brusquer desservirait mes causes. Qu’il me fallait un discours policé. Lisse comme un galet. Que sans ça, je ne pourrais pas remplir ma mission, parce que je détournerais trop de gens du fond de mon message à cause d’une forme qui les heurterait.

Sauf que, l’écriture policée, c’est décidément pas mon truc. La consensualité non plus. Compromis et demi-mesure encore moins. Petite déjà, on me disait de « mettre de l’eau dans mon vin ». On me reprochait d’être trop enflammée. Trop impulsive. Trop émotive. Trop, quoi. C’était manifestement un gros défaut, voire un handicap. J’ai bien essayé de le maquiller. Mais c’est ainsi que j’étais faite. C’est qui je suis. Le désir de réussir, la volonté de faire la différence, de changer les choses, me consume. Je brûle d’un idéalisme passionnel qui n’admettra jamais que « c’est comme ça et pas autrement ». Le besoin de justice et d’égalité pour toutes – et pas seulement celles qui te ressemblent – m’embrase partout, tout le temps. Tout en moi se révolte chaque fois que je vois ou entend l’injustice et la barbarie. Je ne peux pas me taire. Je ne peux plus me taire.

Sans trop le savoir, j’ai pris ces derniers mois des décisions qui, malgré mon ego trouillard qui tente de me museler et de me faire asseoir, me poussent vers l’avant. Vers ma mission. Vers le rôle qui est le mien. J’ai investi en moi en rejoignant un programme d’entrepreneuriat féminin, pour avoir les mains libres dans ma façon d’apporter ma pierre à l’édifice. Je me suis engagée à courir un marathon avec seulement 10 semaines d’entraînement au compteur après un an de néant sportif et plusieurs années de glandouille pour soutenir une cause qui m’est extrêmement chère. Je me suis fixé comme délai le mois d’avril pour la création de ma société. Jusqu’à aujourd’hui, j’ai tout fait un peu à reculons. J’ai parfois eu des épiphanies, eu droit à des éclaircies, mais globalement, je m’accrochais comme une palourde à son rocher : j’avais peur de me planter, je ne savais pas comment faire, et mieux valait fermer les yeux en attendant l’impact que de regarder vers où barrer.

Aujourd’hui, à la veille de mon départ pour la capitale, à J-3 du plus gros défi sportif que j’aie jamais relevé, consumée par la trouille, j’ai eu une révélation grâce à l’intervenante du mois d’avril au sein du groupe d’entrepreneuriat féminin dont je fais partie. Elle m’a rappelé, à quelque chose près, un discours que j’avais tenu à un ami il y a des mois de cela sur la responsabilité qui m’incombait de prendre les risques nécessaires à la transmission de mon message. « Fais ton job et fais pas chier ». « C’est égoïste de ne pas répondre à l’appel de sa mission ». Et comme c’est vrai !

Vivre implique de prendre des risques. Sans risques pas d’étincelle. Sans étincelle, pas de révolution. Et le monde a besoin, désespérément besoin d’une révolution. Pas seulement toi et moi ; parce que même si nous sommes pour certaines lésées par l’inégalité, nous sommes des privilégiées. Écrire cette lettre est un privilège. La lire est un privilège. A nous de faire ce qu’il faut pour transformer ces privilèges en évolution, en révolution. A nous de saisir à pleines mains les responsabilités qui découlent du pouvoir qui nous est échu au hasard de notre naissance.

Alors voilà : aujourd’hui, je t’annonce que j’accepte officiellement mes responsabilités. Que je ne pratiquerais pas la langue de bois, et tant pis pour ta susceptibilité si elle en est heurtée. J’ai un message à délivrer. Et je ne peux pas le délivrer correctement si je ne le fais pas à ma façon. Ton job à toi, c’est de le recevoir, et de faire vraiment, sincèrement, honnêtement du mieux que tu peux pour le comprendre, pour en saisir le fond, l’intention. Et d’assumer tes propres responsabilités vis-à-vis de ce message.

Je vais continuer à te parler de permaculture, bien sûr ; elle forme un cadre de bon sens qui tire des ponts là où ils sont nécessaires. Je te parlerais aussi de véganisme et de féminisme. Parce que pour moi tout est lié. Parce que la justice ne devrait pas être sélective. L’égalité non plus. La possibilité de vivre en paix selon ses propres buts pas davantage. Ce sont des sujets clivant. Ce sont des sujets politiques. Ce sont des sujets de société qu’il est nécessaire de prendre au sérieux. Ce sont des sujets et des préoccupations essentielles et primordiales (oui, cet accord féminin est volontaire).

Tout ceci, je vais continuer à le faire à travers ce blog et les PermaLettres associées. Et je vais y adosser une entreprise et proposer des services payants pour aider celles qui le souhaitent à donner corps à cette nécessaire révolution dans leur vie. Parce que je veux pouvoir consacrer l’entièreté de mon temps à œuvrer à changer le monde. Parce que je veux pouvoir avoir un impact toujours plus grand, toujours plus fort. Parce que je veux que les causes qui me sont chères brillent et croissent en puissance. Parce que c’est qui je suis, et qui je veux être. Parce que c’est ça, ma mission.

Une semaine. Un article inédit. De nouveaux outils pour changer le monde. Dans ta boîte mail.

2 Comments

  1. Waouhh ! Je viens de prendre une claque ! Mais pas méchante un ! J’adore ton intention, ta puissance, ta détermination Bravo pour tout le chemin parcouru Oui moi aussi je crois en ma mission Tes mots me parlent tellement Merci ! Bon vent a toi et je te souhaite toute la réussite que tu mérites Au plaisir de te lire !

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