#OrdinaryHeroine EP4 : pause inspiration avec Melle PIGUT, la créatrice culinaire qui fait voyager nos papilles

Dans ce quatrième épisode de Ze #OrdinaryHeroine Series, les interviews qui mettent en lumière des femmes inspirantes le premier lundi de chaque mois, c’est Melle Pigut, blogueuse derrière Petites Idées pour Grandes UTopies et créatrice culinaire qui nous fait l’honneur de sa visite !


Une belle opportunité d’en apprendre plus sur le parcours de Melle, comment elle a créé le métier qui lui correspondait, son parcours et ses engagements !

Envie d'en savoir plus sur Melle Pigut, la créatrice culinaire qui enchante nos papilles ? Fais un détour par cet article !

Tu es créatrice culinaire depuis maintenant quelques années, tu as plusieurs publications à ton actif et tu animes également des ateliers d’initiation à et d’approfondissement en cuisine végétale. A quoi ressemble ton quotidien ?


Mon quotidien est assez varié. La création culinaire tient une grande place dans ma vie, c’est une de mes grandes passions. Donc je cuisine beaucoup, pour le travail et pour le plaisir.

Ensuite, je suis indépendante et gérer une entreprise prend du temps. Ce n’est pas un cliché quand on dit qu’il faut avoir de multiples casquettes. Pour moi c’est, entre autres : cuisine, création, communication, marketing, gestion, comptabilité, photographie, informatique, organisation… Je fais toutes ces actions depuis chez moi, à la campagne.

Et puis, environ 2 fois par mois, je me rends à Paris pour quelques jours, pour animer mes cours de cuisine. Je fais les courses, je prépare les ateliers, puis j’enchaîne généralement 4 cours en 2 jours. C’est assez éprouvant, mais aussi très motivant. Je donne toute mon énergie aux participant.e.s. Mon but est de montrer que la cuisine végane peut être simple et gourmande, accessible à tou.t.es.

Qu’est-ce que ta pratique de création culinaire t’apporte sur le plan personnel ? Et tes activités d’animation d’ateliers ?


Comme je disais plus haut, la création culinaire est une grande passion. J’aime le côté artistique, méditatif, et en même temps très ancré dans la réalité de cette activité. J’aime aussi que cette activité que je vis de manière très solitaire nourrisse les gens, au sens propre comme au figuré et devienne alors très conviviale.

Pour les ateliers, c’est un peu la même chose. Je travaille longuement pour créer les meilleures recettes (c’est à dire délicieuses ET facilement réalisables par n’importe qui) et construire un cours qui a du sens. Je communique autour des cours pendant des semaines. Tout cela se fait depuis chez moi, tranquillement. Puis vient le moment de rejoindre Paris et de rencontrer les participant.e.s. Et là, c’est très intense, riche en émotions et en partages. A chaque cours, je continue d’apprendre comment mieux communiquer et j’aiguise un peu plus ma pédagogie. Ensuite je rentre chez moi et je dors pendant 48h, haha !

Une pièce aux murs blancs, une atmosphère chaleureuse, des plans de travail chromés et une lumière douce... Un cadre qui donne envie de cuisiner !
L’atelier de cuisine La Parenthèse Végétale à Paris

Tu as notamment publié l’excellent (et très beau) L’heure du petit déjeuner végane a sonné ! Qu’est-ce que ça représente pour toi de voir ton travail à ce point reconnu qu’il est édité par une maison d’édition ?


Merci pour ces compliments qui me touchent beaucoup, j’ai mis beaucoup d’intentions dans ce livre.

En réalité, il n’est pas si difficile de se faire éditer, ce qui est vraiment difficile, c’est de trouver une chouette maison d’édition. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai aussi auto-édité plusieurs ouvrages.

Peux-tu nous raconter comment s’est déroulée la création de ce livre, depuis la germination de l’idée jusqu’à la publication ?


L’envie d’écrire des livres de cuisine m’est venue naturellement après quelques années à tenir un blog culinaire. Pour celui-ci, c’est moi qui ai contacté la maison d’édition qui s’est montrée ravie de travailler avec moi. Je l’ai choisie pour son engagement dans le véganisme. J’ai proposé un livre sur le petit-déjeuner végane parce qu’à ma connaissance, ça n’existait pas en France et que… j’adore le petit déj !

Entre le premier contact avec la maison d’édition et l’écriture du livre, il s’est passé un temps fou (1 ans ½ je crois !). Entre temps, j’ai continué de donner des cours et j’ai ouvert mon atelier à Paris, autant dire que j’étais bien occupée, je n’ai pas pu me plonger dans le livre. Et puis, l’été suivant l’ouverture de l’atelier, j’ai passé 2 mois à imaginer l’ouvrage dans son ensemble, à inventer les recettes, les tester, les re-tester, prendre les photos. Et puis, il est passé à l’édition, on a réfléchi à la mise en page, au format, puis il a été imprimé et il est sorti quelques mois plus tard.

Comment as-tu eu l’idée de faire de ta passion un métier ? Qu’est-ce qui a déclenché le processus de créer le métier de tes rêves ? Comment t’y es-tu prise ?


Un jour, une amie m’a demandé de lui donner un coup de main en animant un cours de cuisine pour un événement. Je n’avais jamais fait ça, je ne m’en sentais pas vraiment capable, je ne pensais pas que ça me plairait. Et puis je l’ai fait. J’ai adoré, les personnes présentes ont adoré, c’était absolument génial. Je me suis dit que ce serait un métier parfait pour moi. Créer et transmettre, faire connaître la cuisine végane, tout ça en toute indépendance.

Finalement, ça s’est fait naturellement, sans réelle préméditation. Honnêtement, je ne m’étais jamais sentie à ma place dans le « monde de l’entreprise ». Avec le recul, je vois que je n’avais pas vraiment le choix, il fallait que j’invente une manière de gagner de l’argent en étant autonome. Il était également important que mes actions aient du sens, que je me sente utile. Donner des cours de cuisine végétale, c’était idéal. Ça n’a pas été facile pour autant, il a fallu que je construise tout, petit à petit. Mais les gens ont répondu présent, avec un enthousiasme qui m’a porté jusqu’à aujourd’hui. J’ai eu beaucoup de chance dans cette aventure !

Une photo de Melle, un sourire aux lèvres et un (sans doute) délicieux smoothie dans les mains !
Melle Pigut

Tu es végétarienne depuis ta jeune adolescence et végane depuis un certain nombre d’années. Qu’est-ce qui t’a amenée à chacune de ces étapes ? Quel a été ton cheminement de pensée ? Tes motivations ? Les déclencheurs ?


Petite, je n’avais pas envie de manger les animaux, c’était très intuitif. On peut dire que je l’ai mis en pratique dès que j’ai pu gérer seule mes repas. Je suis donc devenue végétarienne à l’âge de 13 ans et je le suis restée pendant un peu plus d’une décennie. Je savais à peine que le végétalisme existait et pour être honnête, je n’en comprenais pas l’intérêt, j’étais très mal informée (c’était bien avant internet et le boom du véganisme). J’étais alors considérée comme un ovni et j’avais tendance à me faire toute petite au sujet de mon végétarisme.

Et puis, vers l’âge de 25 ans, lors d’un long voyage, alors que je vivais dans une camionnette aménagée en Nouvelle-Zélande, le végétalisme m’est venu, encore une fois, assez instinctivement. J’ai intégré que les œufs et le lait étaient issus de l’exploitation des animaux, alors j’ai arrêté d’en consommer. Lorsque je suis revenue en France, je me suis renseignée sur internet et j’ai découvert le véganisme. J’ai beaucoup réfléchi au sujet tout en explorant la cuisine végane, j’avançais sur le théorique aussi bien que sur le pratique. A partir de ce moment-là, j’ai arrêté de me faire toute petite et j’ai eu besoin d’en parler. Je trouvais qu’on manquait d’informations sur le sujet, on était en 2010 et le véganisme était encore plutôt confidentiel. C’est pour ça que j’ai ouvert mon blog Petites Idées pour Grandes UTopies. Ce blog allait changer ma vie.

A l’heure actuelle, l’information au sujet du véganisme, de la santé, de la cuisine et les produits « spécialisés » sont de plus en plus nombreux et accessibles. Qu’en était-il lorsque tu t’es lancée sur le chemin d’un mode de vie responsable et sans souffrance ? Cela a-t-il été simple ?


Comme je le disais plus haut, il n’y avait effectivement pas beaucoup d’informations à ce sujet lorsque je suis devenue végétalienne et encore moins lorsque je suis devenue végétarienne. Je pense que ça a reculé ma prise de conscience.

Pour ce qui est du pratique, effectivement, rien n’était mis en place pour faciliter la vie des végé. Ayant toujours été débrouillarde, ça ne m’a pas freiné. D’autant que j’ai besoin de vivre selon mes principes, c’est très important pour moi.

Côté alimentation, j’ai adoré découvrir la cuisine végétale alors qu’elle était encore « en friche », c’était une liberté très stimulante.

Qu’est-ce que des convictions les tiennes ont eu comme impact sur ta vie sociale ? Cela a-t-il changé les choses ?


Avec mon blog, j’ai rencontré des végé.e.s pour la première fois et j’ai trouvé ça formidable de pouvoir parler et d’avancer sur ces sujets, de ne pas devoir se justifier continuellement. Aujourd’hui, j’ai beaucoup d’ami.e.s véganes, ça s’est fait naturellement. Il faut dire que je suis devenue végane au moment où j’entrais dans l’âge adulte et c’est un moment où les amitiés ont tendance à bouger.

Photos de plats : tofu poêlé, mélange de crudités et riz et tartelette aux fraises
Miam !

Comment vis-tu ton véganisme au quotidien ? En es-tu fière ? Heureuse ? Cela représente-t-il un poids, une entrave ? Le vois-tu comme une mission ? Une nécessité ? Quelque chose de normal ?


Au quotidien, c’est ma normalité. Je suis heureuse de vivre selon mes valeurs, on peut dire que c’est effectivement une nécessité et ça ne représente absolument pas un poids dans ma vie. A travers ma profession et mon militantisme, je montre que vivre ses engagements et tendre vers une vie plus respectueuse, ce n’est pas une entrave à notre épanouissement, bien au contraire.

Avant de sauter le pas et de vivre de ta passion et en accord avec tes convictions, comment conciliais-tu véganisme et vie professionnelle ?


Je travaillais à mi-temps et je passais le reste de mon temps à écrire pour mon blog et accompagner des personnes qui désiraient devenir véganes. Je trouvais absurde de consacrer du temps à faire quelque chose d’inutile pour gagner de l’argent -de quoi survivre- alors que je pouvais être vraiment utile ailleurs. Ça m’a beaucoup frustrée jusqu’à ce que je me lance professionnellement.

Tu partages sur Petites Idées pour Grandes Utopies (j’adOre ce nom) depuis de nombreuses années maintenant ta passion de la cuisine végétale et ton engagement pour un monde juste pour toutes. Quel rôle a joué ton blog dans ton engagement ? Dans ta vie de manière plus générale ?


Le blog a changé ma vie. Il m’a permis de faire des rencontres, de m’ouvrir à plein de sujets, de me rendre utile. Je crois qu’il m’a beaucoup aidée à me sentir plus légitime, en général, dans ma vie. Et tout ça m’a menée à un militantisme plus large et inclusif. Je grandis chaque jour grâce à un cheminement amorcé avec mes Petits Idées et même si ce cheminement avait commencé dès l’enfance, le blog a été un accélérateur incroyable.

Plats véganes en photo : burger, curry, vromages, gâteau au chocolat, seitan, bol riz et crudités, lasagnes...

Sur ton blog pigut.com, tu partages la passionnante interview de ton compagnon, devenu végane à tes côtés et à son rythme. Pourrais-tu envisager à l’heure actuelle de vivre avec quelqu’un qui ne partagerait pas tes convictions profondes ? Pourquoi ?


Je l’ai dit plus haut, j’ai besoin de vivre en accord avec mes valeurs. Je ne peux pas vivre mon quotidien, mes pensées, mes engagements et ma vie intime avec des personnes qui ne partageraient pas mes convictions et qui ne seraient pas ouvertes à la discussion. Aujourd’hui, j’ai effectivement la chance de vivre avec une personne que j’aime et avec laquelle je peux avancer, c’est une chance incroyable.

Tu parles également de ton passage d’un végétarisme discret (voire silencieux) à un véganisme assumé et revendiqué ; comment communiques-tu désormais à ce sujet avec ton entourage ? Avec les inconnues ?


Mon entourage compte aujourd’hui de nombreuses personnes véganes, je peux donc en parler librement et avoir des discussions passionnantes à ce sujet. Pour ce qui est des personnes que je ne connais pas, j’ai choisi de principalement communiquer via internet et autour de la cuisine. Je ne suis plus silencieuse, je ne me cache pas, je montre qu’il est possible d’être végane au quotidien et je donne des pistes pour aller plus loin dans ses réflexions. Je ne passe pas mon temps à débattre avec chaque personne que je rencontre. Je considère que c’est une perte d’énergie et j’ai besoin de mon énergie pour continuer.

Pour toi, qu’est-ce que le féminisme ? Comment le vis-tu au quotidien ?


Le féminisme est une évidence pour moi. Je ne me lancerais pas dans une définition, je suis quelqu’un de très « pratique », si je passe mon temps à creuser des sujets, je ne suis pas très à l’aise pour en parler.

Ma manière de procéder sur tous les sujets que je trouve importants, y compris le féminisme, est d’écouter et de diffuser différentes paroles pour mieux comprendre et faire comprendre les enjeux et contextes, de réfléchir en me libérant des biais qui peuvent me retenir et de trouver des moyens d’agir dans ma vie de tous les jours.

Image promotionnelle pour les cours de cuisine de La Parenthèse Végétale avec une photo de groupe d'étudiants, quelques pâtisseries alléchantes

Quel lien existe-t-il pour toi entre féminisme et véganisme ?


Il existe de nombreux liens entre féminisme et véganisme. On pourrait parler de justice sociale, d’oppressions, de rapport au corps, on pourrait aussi dire que ce sont les femmes qui ont porté le mouvement végane… Ça mériterait des livres entiers, Carol J. Adams en a d’ailleurs écrit, Ophélie Véron a également abordé le sujet lors de conférences, je vous invite à les lire.

De manière générale, quand on te lit et qu’on te rencontre, ce qui ressort – outre ta bonne humeur contagieuse ^^ -, c’est une volonté de créer un monde juste et plein d’amour. A quoi ressemble ton monde idéal ?


Je n’ai pas de monde idéal en tête, un « monde » ça se construit ensemble. Mais je crois que je rêve d’un monde où les intérêts de chaque être seraient pris en compte (plutôt que les intérêts économiques), où l’on serait capable de se remettre en question, de redistribuer les privilèges…

Merci infiniment à Melle d’avoir répondu à ces questions !

Tu peux rester informée des nouveautés proposées par Melle Pigut :

Connaissais-tu Melle Pigut et la Parenthèse Végétale ? Cette interview t’a-t-elle donné envie de découvrir sa cuisine ? De te lancer dans ta propre aventure de création ? Raconte !

Si tu as aimé cette interview, partage-la autour de toi !
Ça va te plaire :

Accède à la bibliothèque de ressources gratuites du Lab
et reçois Ze PermaLettre, la lettre qui t'aide à passer à l'action !

Après avoir confirmé ton inscription, tu pourras accéder à ma bibliothèque de documents réservés aux abonnées et je t'enverrai un mail (+ ou -) par semaine. Tu peux consulter ma politique de confidentialité ici. Chaque email contient un lien de désinscription en pied de page ; tu peux également m'envoyer un mail à

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.