Mes objectifs permaculturels 2018 (au jardin)

Permaculture et planification vont de pair, surtout au jardin. Alors, que présage 2018 pour moi, matelot ?

Parler de permaculture, c’est bien joli, mais ça ne fleurit pas son jardin – ou son balcon ! Tu me diras : mais en permaculture, l’objectif, c’est pas de faire pousser des fleurs, plutôt des trucs qui se mangent, non ? Ce à quoi je répondrais : sans compter le fait qu’un certain nombre de fleurs se mangent, rien n’empêche de mettre des fleurs dans son jardin, au contraire ! Et en plus, c’est bon pour les pollinisateurs – et le moral. Mais, tu as raison : je m’égare un peu. Revenons-en à nos moutons sereins et non-tondus.

On en a soupé, ces derniers temps, des « bilans 2017 » et autres « rétrospectives » ; place au neuf, place à l’avenir – mais avant tout, au présent ! Présentement 2018, et ce depuis déjà 54 jours[[accentc]accentc], il est peut-être temps pour moi d’accorder mes violons sur mes objectifs permaculturels pour l’année. Pas que j’aie l’intention de me faire signer un contrat gravé dans le marbre, c’est pas mon genre. L’idée, c’est plutôt de décider d’une [accentc]grande direction à suivre : ça aide à ne pas tourner en rond, ce qui est plus pratique pour avancer, tu en conviendras !

Envoyez la musique : c’est l’heure de déballer mes projets d’Amour, Vert et Beauté !

Qui dit permaculture dit planification, design. Qu'en est-il de mes plans pour 2018 ? Relax, je te raconte tout dans un instant !

Faire mon design

Qui dit permaculture dit design. En l’occurrence, design de lieu. Si tu fais partie des super VIP abonnées à Ze PermaLettre (qui reçoivent des infos inédites absolument passionnantes !), tu sais que j’ai déménagé il y a quelques mois. Ah, tu l’as peut-être aussi appris au travers du blog. Possible. Bref, tu devrais quand-même songer à t’abonner.

Déménagement, donc, nouveau lieu. Je trouve qu’arriver sur un nouveau lieu en hiver, alors que la nature se repose, est vraiment le moment idéal : on n’est pas prise par la frénésie de mille et une activités importantes-là-maintenant (en fait, on peut, mais c’est une mauvaise idée de se lancer dans quoi que ce soit tant qu’on ne connaît pas un peu son lieu, crois-moi !) et on peut se contenter d’observer. De non-agir. C’est vrai que ça donne une première idée un peu tristoune du lieu, avec le froid et ces jours si courts et cette lumière si rasante – enfin, selon l’endroit.

Malgré cela, l’hiver, c’est aussi un moment très poétique, propice à la contemplation, aux balades… Et c’est aussi à ce moment-là qu’on découvre certaines des limites que devra prendre en compte notre design : températures basses, neige, gel, vents, zones et durées d’ensoleillement….

Bref, j’ai une première version de mon design sur le feu – c’est-à-dire dans ma tête. Je sais, pas sérieux tout ça ! -, que je compte bien agrémenter de mes observations au fil des saisons. Ça va swinguer sur le papier !

Obtenir des récoltes

C’est un des principes de base en permaculture : obtenir des récoltes. C’est très important. Pas seulement parce que ça permet de se nourrir physiquement, mais aussi parce que c’est motivant. Très honnêtement, je ne sais rien de plus gratifiant que d’aller récolter les fruits de son travail de la terre. Les parfums sont exquis – sauf si tu n’as pas assez arrosé tes concombres, ça peut être dégueulasse -, les couleurs excitent l’œil, et c’est un vrai plaisir de jouer à la cueillette. Après des mois d’attente, de soins, d’attention, on voit finalement poindre un résultat : notre patience et notre dévouement se voient enfin récompensés !

Obtenir des récoltes, c’est aussi un moyen de savoir de quoi on se nourrit, comment ce que l’on mange a été cultivé. Ça permet de se faire du bien, spirituellement comme physiquement, et de s’éviter des allers-retours au marché ou au magasin bio le plus proche – ou le moins loin, c’est selon.

Bref, j’ai l’intention d’atteindre cette année une production d’au moins 60% des besoins en fruits et légumes de la maisonnée, au moins pour la période estivale. Il faut être ambitieuse dans la vie. Pour la période hivernale par contre, je ne vise que les 40%. Affaire à suivre !

Observer

Sur mon lieu précédent, trop pressée que j’étais de faire les mille et une choses merveilleuses que j’avais lues, je m’étais précipitée sur le jardin pour faire des trucs et des bidules. Ouais, des buttes, aussi. Une folle quantité d’énergie gaspillée, que je me serais mis de côté si j’avais eu la patience d’attendre et d’observer – des buttes en terrain sec, c’est, comment dire… une idée de m**de. Je me serais simplifié la vie. Et j’aurais fait de meilleures récoltes.

Cette année, je vais prendre le temps d’observer bien davantage avant de faire un quelconque changement demandant un investissement important, qu’il soit de temps ou d’énergie. Je note les idées d’améliorations potentielles à apporter dans un coin, et je les mets de côté pour le moment où j’aurais suffisamment observé pour ne pas regretter mes actes un mois plus tard.

Je vais peut-être me trouver en retard, ou me dire que j’aurais dû faire ceci ou cela à tel moment. Sûrement. Je me détesterais sans doute de trop non-agir. Et ce n’est pas grave ! En termes de non-agir, mieux vaut trop que pas assez !

Avec la vague de froid qui se profile, je suis plutôt contente de ne pas m’être précipitée à commencer mes semis dès la mi-février. J’aurais pu tout perdre.

Prendre du plaisir

Comme là, maintenant, en dégustant ma part de tarte tatin 100% Amour pas trop mal réussie avec un bon thé. J’ai même pas oublié de piquer la pâte ce coup-ci. Les petites victoires…

Quand je parle de prendre du plaisir, c’est surtout ne pas oublier de lier l’agréable à l’utile : oui, je veux faire de mon jardin une corne d’abondance alimentaire, mais pas que ! Je veux prendre du plaisir dans ce processus, m’amuser.

De fait, je ne m’en tiendrais pas aux légumes et fruits de base. Je compte bien ajouter là-dessus d’autres végétaux : des étranges, des parfumés, des fleuris, des fleuris et parfumés, des pas-forcément-comestibles.

Je pense notamment aux lianes, que j’ai très envie d’intégrer, en particulier pour densifier les haies et offrir refuge aux oiseaux, insectes et petits mammifères. Aux fleurs, qui vont donner couleur et senteur, et qui attireront et nourriront les pollinisateurs sauvages.

Créer

Et hop, une autre part de tarte, parce que je le vaux bien. Toi aussi, d’ailleurs.

Je ressens depuis le début de l’hiver une forte pulsion créatrice. J’ai envie de planter plein de plantes, de fabriquer des châssis, des barrières, des pergolas, des treillis. D’enjoliver ce lieu pour l’instant ni très animé, ni très joyeux – en même temps, avec ce froid, on peut pas s’attendre à une ambiance Club Med.

J’ai envie d’abondance, de vie sereine et épanouie dans ce petit bout de terre auquel je peux être attentive. Je ne parle pas de MA vie sereine et épanouie, ni d’abondance pour moi, mais de celle que je peux générer pour autrui, pour tous ces petits autres qui vivent là, même si je ne les vois pas. J’ai envie de faire de ce lieu un oasis, pour eux.

J’ai aussi envie de créer autrement. De m’essayer à d’autres pratiques artistiques. Comme la sculpture sur bois par exemple. Je crois que cette année est propice à l’essai et à la découverte.

Progresser

S’agissant de permaculture pratique au jardin, progresser prend du temps : on ne sait si un design fait ses preuves qu’en plusieurs mois, voire un cycle complet de saisons. Et encore, un design s’améliore sans cesse. On ne sait si la technique de culture utilisée pour telle ou telle variété fonctionne qu’au bout de plusieurs semaines ou mois. Et, la plupart du temps, il n’est plus temps de faire de nouvelle tentative. On n’a, généralement, qu’un seul essai par an.

J’ai déjà tiré plusieurs enseignements de mes saisons passées. J’espère en tirer beaucoup d’autres cette année. Et l’année suivante. Et l’année suivante. Je vais me muscler la permaculture !

Conclusion

Mes objectifs permaculturels 2018 au jardin sont, somme toute, à la fois ambitieux et raisonnables. Mis à part la productivité alimentaire, sur laquelle je me mets (un peu) la pression, je me laisse carrément libre d’improviser et de prendre mon temps.

Après tout, pourquoi en serait-il autrement ? Déposées, les cadences infernales. Interdits de passage, le stress et la frénésie.

Et si, en fait, l’acte de se nourrir commençait dès le premier contact avec la terre ? La première senteur, le premier regard, la toute première poignée ?

Et toi, as-tu des objectifs permaculturels pour 2018 au jardin, sur ton balcon ou dans une jardinière ? Qu’as-tu prévu de faire ? Comment ? Raconte !

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