Finition bois écologique : la patine à la cendre

Le bois de palette, c’est vraiment top pour faire des meubles. C’est pas cher (trois hourras pour la récup’ !), écologique (ça fait ça de moins de jeté pour rien) et facile à travailler. Tu peux utiliser des morceaux de palettes tels quels, ou alors démonter ladite palette pour ne récupérer que ses planches. Et si tu te loupes ? Ce n’est pas trop grave : tu n’as pas engraissé un système qui se gave sur la destruction.


Des meubles en palettes, tu en as déjà vu plein : c’est à la mode depuis quelques années, les tuto DIY pullulent sur le web, et certaines ont même fait leur métier du recyclage de palettes en meubles « design ». Souvent, on laisse le bois apparent, comme un sceau d’authenticité, ou tout simplement pour des raisons esthétiques. On fait ressortir les défauts, les trous des clous qui ont rouillé, etc. Et c’est un parti pris esthétique tout à fait valable, bien entendu.

Sauf que parfois, on peut aussi avoir envie d’uniformiser un peu tout ça. Personnellement, j’adore le bois, ses couleurs, les dessins du veinage, ses textures, son odeur… J’aime beaucoup l’aspect brut des éléments de mobilier en palette. Mais y’a des fois où les bois sont vraiment trop disparates à mon goût : des planches aux teintes rouges (typiques du sapin de Douglas), d’autres qui ont noirci et d’autres encore très pâles, selon l’agencement, on ne s’y retrouve pas forcément dans le résultat final.

C’est le cas par exemple pour le petit meuble à chaussures que j’ai fabriqué il y a deux semaines : certaines planches sont très belles, d’autres très moches, et les couleurs ne vont pas ensemble. Alors, certes, on va juste mettre des chaussures dessus, donc c’est pas la mort, mais j’avais envie de changer… et d’essayer une nouvelle finition !

Aujourd’hui, après cet interminable préambule, je te parle donc de la nouvelle finition bois que j’ai testée : la patine à la cendre. Écologique, facile à préparer et à appliquer, le résultat est très sympa. On y va ?

Finition bois "écologique" : la patine à la cendre

Pourquoi appliquer une finition sur son bois ?


Une question légitime, pour commencer ! Si tu aimes la simplicité et aller à l’essentiel, appliquer une « finition » peut te sembler superflu. Selon l’utilisation que tu prévoies pour ton meuble, ça peut effectivement l’être : un meuble temporaire que tu comptes réutiliser à terme comme bois de chauffage par exemple. Pourquoi pas.

Une finition est toutefois utile – voire nécessaire – si tu comptes garder ton meuble dans le temps, et si tu l’utilises dans des pièces aux conditions d’humidité, de température ou d’ensoleillement particulières : ton bois a besoin d’être protégé pour durer !

Le meuble à chaussures en palettes avant application de la patine à la cendre : le bois est clair et pas très homogène dans l'ensemble.
Avant application de la patine à la cendre.

C’est le cas par exemple pour un meuble de salle de bain ou une cave – pièces humides -, une pièce sujette aux chauds et froids – par exemple si tu te chauffes au bois – mais aussi si ton meuble est exposé au soleil – devant une fenêtre ou une baie vitrée par exemple – : le bois finit alors par noircir, fissurer ou moisir !

Il est alors utile de le protéger soit très simplement avec seulement de l’huile de lin ou de chanvre, soit un mélange d’huiles comme huile de colza/huile de lin (l’huile de lin a tendance à assombrir le bois, l’huile de colza à le rendre doré), soit en appliquant un autre mélange qui modifierait son aspect, comme la patine à la cendre.

Le plateau supérieur du meuble avant l'application de la patine à la cendre. On voit bien les différentes teintes de bois claires ressortir.
Avant application de la patine à la cendre ; plateau supérieur du meuble.

Si tu huiles simplement tes meubles, privilégies une huile de qualité alimentaire – ça limitera les possibilités de diffusion d’effluves toxiques dans l’air – soit une huile au moins filtrée, que tu trouveras en magasin bio ou spécialisé. Pour ma part, lorsque je décide de simplement protéger mes meubles à l’huile, j’utilise soit uniquement de l’huile de colza alimentaire, soit un mélange colza alimentaire/huile de lin filtrée achetée en magasin spécialisé. C’est certes plus cher, mais ta santé et celle de l’environnement n’ont pas de prix. Penses-y !

La patine à la cendre : ingrédients et recette


Tu l’auras peut-être compris si tu me suis depuis un moment : j’aime les choses simples. Plus c’est simple, mieux c’est. Plus c’est écologique, mieux c’est. Si cette recette de patine à la cendre n’est pas 100% écologique (les conteneurs des produits ne pourront pas être tous recyclés, entre autre), elle n’implique en tout cas pas l’utilisation de produits extrêmement transformés, et reste, quoi qu’il en soit, super simple à préparer et mettre en œuvre. On compense comme on peut.

La première couche de patine à la cendre est appliquée ; le bois est à peine plus sombre.
Première couche de patine appliquée.

Ingrédients


Pour faire de la patine à la cendre, rien de plus simple. Tu as besoin :

  • De cendre tamisée (si tu te chauffes au bois, tu en as certainement en rab quelque part)
  • D’huile de lin filtrée
  • D’essence d’écorce d’orange

Matériel


  • Un bocal pour faire le mélange et le contenir (ça peut-être un pot en verre de conserve, de sauce, de cornichons, bref, pense up-cycling !)
  • Une passoire ou un chinois pour tamiser la cendre (que tu pourras réutiliser en cuisine après lavage, à condition de savoir ce qu’il y a dans ta cendre – mais si tu ne sais pas, mieux vaut ne pas l’utiliser du tout !)
  • Un pinceau (pas trop large)

Recette


Pour la recette, tu vas voir, c’est très compliqué.

  • Verse une mesure d’essence d’écorce d’orange dans ton bocal.
  • Ajoute de la cendre tamisée au chinois (pour ne pas y mettre les gros morceaux) jusqu’à obtenir un mélange un peu plus épais.
  • Ajoute autant d’huile de lin que tu as mis d’essence d’écorce d’orange.
  • Ferme le bocal, secoue bien et laisse décanter une nuit.

Et voilà !!!

La patine à la cendre : comment l’utiliser ?


L’utilisation de l’essence d’écorce d’orange implique de travailler dans un lieu aéré : soit en extérieur (et si tu travailles sur la terre, protège le sol sous ton meuble des projections avec une bâche ou un épais carton), soit toutes fenêtres ouvertes. Le mieux étant de le faire dehors, et de laisser ton meuble sécher plusieurs jours avant de le rentrer.

La première couche est appliquée sur le plateau supérieur ; les tons ne sont pas encore unifiés.
Première couche appliquée.

Quand je te disais que c’était simple, je ne mentais pas : tu trempes ton pinceau dans le mélange, et tu peins sur ton meuble. L’idéal étant de suivre les dessins formés par le veinage du bois pour faciliter l’incrustation de la cendre et rendre un meilleur effet. Si tu veux un effet plus marqué, plus sombre, prélève la cendre au fond de ton pot.

Une fois la couche entièrement appliquée, laisse sécher. La durée de séchage va dépendre des conditions sur ton lieu de travail : en plein été, dehors et au soleil, ça sèchera bien plus vite que dans une cave londonienne en plein hiver… A toi de voir. Ton meuble est sec lorsque l’huile a été absorbée et qu’il ne brille plus (trop). Tu peux alors essuyer consciencieusement ton bois avec un chiffon (genre de vieux t-shirts que tu ne mettras plus et qui sont trop abîmés pour être donnés) (les vieilles chaussettes, ça marche aussi) et appliquer une nouvelle couche – à répéter autant de fois que tu le souhaites.

La deuxième couche est appliquée, mais le meuble pas encore poncé ; le rendu fait un peu sale.
Deuxième couche ok, en attente de ponçage.

Patine à la cendre : le rendu


Selon la teinte d’origine de ton bois, sa porosité et le nombre de couches, le rendu sera plus ou moins uniforme. En tout cas, ton bois aura l’air d’avoir pris un sacré coup de vieux entre le début du processus et la fin !

Le bois dans l’ensemble se sera assombri, de par l’utilisation de l’huile de lin, mais aussi de la cendre, évidemment. Les reliefs seront plus marqués – ça rend très bien sur des bois avec de petites « imperfections », des entailles, une surface inégale – et les nœuds de bois ressortiront joliment.

Le rendu après ponçage et application de la troisième couche de patine : un bel aspect vieilli, doux et satiné.
Après ponçage et application de la troisième couche de patine à la cendre

Les bois clairs et les bois de teinte rouge sont ceux qui, à mon avis, rendent le mieux : le résultat est plus contrasté et donc plus intéressant visuellement. Toutefois, l’effet harmonise bien les bois très disparates : je te laisse te faire ton opinion avec les photos.

Apprendre de ses erreurs : notes diverses


Ponçage


Pour ce meuble à chaussures, j’avais bien pensé à nettoyer les planches (un mélange d’eau chaude + vinaigre + noisette de savon noir + quelques gouttes d’huile essentielle d’arbre à thé + brosse de fibre de coco pour bien gratter toutes les aspérités), mais j’avais complètement zappé l’étape de ponçage… Ça faisait un moment que je n’avais plus « menuisé », et j’en avais perdu mes bons réflexes durement acquis ! J’ai donc commencé à appliquer les deux premières couches de patine à la cendre sur bois propre mais non poncé… et le rendu était un peu dégueu (c’est vraiment le mot qui me vient en premier) : on aurait dit de vieilles planches sales recrachées par une marée noire. J’exagère ? A peine ! Bref, ce n’était pas du tout l’effet recherché !

J’ai donc dû poncer mon meuble après séchage de la deuxième couche. Je te recommande de ne pas oublier de poncer avant même de monter ton meuble, si c’est toi qui t’en charge : poncer un meuble déjà monté, c’est super galère. Entre les angles difficiles à atteindre correctement et les espaces trop réduits pour faire les grands gestes efficaces pour un meilleur ponçage, tu te cognes partout et le résultat est moins bon que si les planches sont poncées individuellement. Bref, sois prévoyante !

Le rendu final de trois couches de patine à la cendre appliquées au plateau supérieur du meuble : un très bel effet, des tons plus unis. Une réussite !
Rendu final : trois couches de patine à la cendre

Assemblage


Lors de l’assemblage de mon meuble, j’ai fait attention à la disposition de certaines planches : celles que je jugeais les moins esthétiques, j’ai fait en sorte de les utiliser à des endroits où elles seraient moins visibles. Par contre, je n’avais pas anticipé l’application de la patine à la cendre (je n’en connaissais pas le rendu non plus, tu me diras). Je me suis donc retrouvée avec un « pied » en bois rouge, accolé à un autre pied en bois clair… Le rendu était donc très contrasté, et pas des plus élégants. Après patinage, c’est mieux, mais j’aurais mieux fait de choisir deux planches de même couleur, quitte à ce qu’elles soient moins « jolies » (selon mes propres critères).

Conclusion


La patine à la cendre est une finition très simple à préparer et à mettre en œuvre : elle permet de protéger le bois grâce à l’huile de lin qu’elle contient, ainsi qu’à unifier l’aspect d’un meuble constitué de planches plus ou moins disparates.

Si la recette de patine à la cendre n’est pas la plus écologique de tous les temps, elle reste toutefois bien plus soft que nombre de produits du commerce ; ne tient qu’à toi de faire en sorte que tes ingrédients soient les plus propres possibles !

Et toi, es-tu adepte des patines ? As-tu déjà essayé cette recette ? Cet article t’a-t-il donné envie d’essayer ? Des questions ? Raconte !

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