Peinture naturelle : mon retour d’expérience sur la peinture à la farine !

Il y a de cela quelques semaines, je publiais un premier billet sur les peintures naturelles à l’issue duquel je t’annonçais une suite à venir : mes retours d’expérience en peinture naturelle. Nous voici donc réunies ici aujourd’hui pour le tout premier volet, j’ai nommé : la peinture à la farine !


Au cas où tu aurais raté le premier billet explicatif, un petit rappel de ce qu’est la peinture à la farine s’impose !

Tu as beaucoup entendu parler depeinture à la farine/peinture suédoise mais tu ne sais pas ce que ça vaut ? J'ai testé pour toi !

Peinture à la farine : qu’est-ce que c’est ?


La peinture à la farine, aussi appelée peinture suédoise ou peinture de Falun, est une peinture écologique à base de… farine ! Eh oui, ça existe !

Dans la peinture suédoise, la farine mélangée à l’eau puis cuite joue le rôle de colle et permet la tenue des pigments.


On l’appelle « peinture suédoise » car c’est depuis la Suède qu’a été exportée cette recette vers le reste de l’Europe puis l’Amérique. A cette époque (XVII° siècle), la Suède était l’exportateur mondial principal de cuivre ; l’hématite, résidu d’exploitation de la production de cuivre, était alors utilisée comme agent de conservation du bois dans la recette originelle. La dénomination « peinture de Falun » provient du fait que c’est à Falun, ville du centre de la Suède, que se trouvait la plus importante mine de cuivre du pays. La peinture à la farine est aussi parfois appelée peinture à l’ocre, peinture scandinave, peinture au blé… Les petits noms ne manquent pas pour en parler !

La peinture à la farine : pour quels supports ?


A l’origine, la peinture suédoise était utilisée pour peindre et de fait protéger les boiseries extérieures. Le support privilégié de la peinture à la farine est donc le bois. Évidemment, le bois, pour s’imprégner correctement de la peinture, ne doit pas avoir été verni ou peint auparavant, sinon, il faut poncer !

La bonne nouvelle, c’est que cette peinture naturelle peut tout aussi bien être utilisée en intérieur, sur bois et autres supports ! D’après les informations que j’ai pu trouver, elle pourrait être utilisée sur la pierre, la brique, le Placoplatre, les ferrures, l’OSB, le Fermacell mais aussi les enduits naturels (type chaux, terre ou plâtre).

Le secret pour une bonne application ? La surface doit être propre, sèche et, idéalement, rugueuse. Il est possible aussi de l’appliquer sur des peintures anciennes, pourvu qu’elles aient été grattées et nettoyées au préalable.

Les ingrédients pour préparer la peinture à la farine


La recette de la peinture suédoise est relativement simple et peu coûteuse. Pour 1 litre de peinture (rendement annoncé d’environ 3m2/L), il te faut :

  • 70g de farine
  • 0.8L d’eau
  • 0.2kg de pigments
  • 0.1L d’huile de lin
  • 1cL de savon noir liquide
  • 20g de sulfate de fer (pour utilisation extérieure uniquement ; antifongique, il protège de la moisissure)

Cette recette est l’une des nombreuses variantes possibles. Sa composition peut être adaptée au support ainsi qu’aux ingrédients utilisés. Pour plus de détails sur la préparation en elle-même, tu peux jeter un œil à la recette de peinture suédoise proposée sur Esprit Cabane.

Mon retour d’expérience en peinture à la farine


Après ces quelques généralités qui remettent les pendules à l’heure, je te propose maintenant d’attaquer mon retour d’expérience à proprement parler !

La préparation


J’avais bien lu la recette avant d’attaquer ma toute première préparation de peinture à la farine. J’avais bien lu qu’il fallait touiller 45 minutes non-stop. Et quand j’ai eu calculé que j’aurais une centaine de litres de peinture à cuisiner, je n’ai même pas sourcillé.

Dans les faits, pour un chantier tel que le mien, où j’avais peu de temps pour tout faire et où je devais donc peindre le jour et cuisiner la peinture le soir pour le lendemain, cette préparation a été assez fatigante. Ça ne m’a pas empêchée d’aller jusqu’au bout et d’en être heureuse, mais c’est un critère à prendre en compte : la préparation est longue et fatigante si l’on a de grandes quantités de peinture suédoise à préparer. Dans mon cas, sur deux semaines (week-ends non compris), j’ai cuisiné et appliqué 95 litres de peinture à la farine. Et je l’ai senti passer !

Cuisson de la peinture à la farine blanche dans une marmite sur trépied (10 litres en préparation), mélangeage au mélangeur sur perceuse
Cuisson de la peinture à la farine blanche

D’un autre côté, la recette est vraiment simple à mettre en œuvre, et l’odeur, plutôt agréable ! J’aimais beaucoup, à la fin, le parfum d’olive qui se dégageait lorsque j’ajoutais le savon noir : ça me rappelait les ficelles à l’olive qu’on trouve souvent en boulangerie en Provence !

Le matériel utilisé


Je n’avais pas d’expérience en peinture naturelle lorsque je me suis lancée dans ce chantier de peinture suédoise (et pas non plus en peinture « classique » d’ailleurs), alors j’ai prévu du matériel de peinture basique : rouleau (à « poils »), pinceau large (spalter plat 110cm) et pinceau à rechampir. Et chacun m’a servi !

Les pinceaux utilisés sur le chantier : spalter plat, et deux tailles de pinceaux à rechampir
Les pinceaux utilisés

Les supports testés


Sur ce chantier, j’ai testé l’application de la peinture suédoise sur différents supports :

  • Le Placoplatre
  • Le plâtre
  • Les peintures anciennes (brillantes ; peut-être d’anciennes peintures au plomb…)
  • Le bois peint

Mise en œuvre


J’avais prévu deux couleurs différentes : du blanc et de l’ocre.

En ce qui concerne l’ocre, je l’ai appliqué uniquement sur des peintures anciennes (non grattées) et du plâtre. Je n’avais pas eu la présence d’esprit de nettoyer mes supports et pas le temps de les poncer, j’ai donc eu des résultats assez variables.

Sur le plâtre, la peinture s’est appliquée à la perfection : la couleur était immédiatement visible, profonde et l’application facile (pour l’ocre, j’avais peu de surface, j’ai donc fait l’application au spalter plat uniquement). Sur les peintures anciennes, c’était plus aléatoire ; parfois la couvrance était au rendez-vous, d’autres, un peu moins. En fin de compte, le résultat est assez satisfaisant en deux couches : le mur est couvert, les traces de pinceau ressortent et donnent mouvement et texture au mur.



Quant au blanc, ç’a été plus sport. En effet, le blanc couvre beauuuuucoup moins que l’ocre. De plus, la couvrance varie au cours du séchage de la peinture ; impossible donc de savoir ce que va donner la couche tant qu’elle n’est pas complètement sèche.

J’ai appliqué le blanc sur Placoplatre, plâtre et bois peint. Il m’a fallu 4 couches pour ne plus voir ressortir les joints sous le Placo (j’en avais prévu deux, à la base). Le blanc a été passé essentiellement au rouleau, car j’avais de grandes surfaces à couvrir. Ma peinture avait quelques petits grumeaux, ce qui fait un rendu texturé surprise, qui me plaît bien. En ce qui concerne l’accroche sur les peintures anciennes, comme pour l’ocre, il aurait fallu qu’elles soient poncées et lavées avant application de la peinture à la farine pour une meilleure tenue. La peinture s’écaille donc à certains endroits, mais rien de grave.

Petite note sur le blanc également : j’ai utilisé un mélange de blanc de Meudon (pour l’opacité) et d’oxyde de titane (pour la couleur). Si le rendu est plus proche du blanc qu’en cas d’utilisation du blanc de Meudon seul (qui fait un peu « jaune pisseux »), ce n’est pas le blanc plus blanc que blanc d’une peinture industrielle. En ce qui me concerne, la couleur me convient très bien, elle a bien l’effet « éclairant » que j’en attendais dans des pièces avec peu d’ouvertures (et peu de lumière du soleil en ce moment). Mais je trouvais important que tu le saches, au cas où, tu vois.


Rendu


Le rendu de la peinture, qu’elle soit blanche ou ocre, est très agréable. C’est texturé, vivant, doux, mat, poudré, on se sent très bien dans ce petit cocon naturel !



La peinture appliquée sur un support propre ne farine pas, n’écaille pas.

Aucune odeur ne se dégage après séchage.

Bref, un super résultat !

Conclusion


Ce chantier peinture naturelle à la farine n’a pas été de tout repos, et je suis allée de surprise en surprise : la couvrance insuffisante par rapport à mes prévisions initiales du blanc sur le Placoplatre et ses joints, le changement d’aspect de la peinture au fur et à mesure de son séchage, l’adhérence aléatoire sur les peintures anciennes non préparées…

Toujours est-il que j’ai beaucoup appris au cours de cette expérience, et que je n’hésiterais pas à le refaire – peut-être seulement échelonné sur plus long terme, pour réduire l’intensité de la fatigue. En plus, les rendus finaux en termes de texture et de couleurs m’ont positivement étonnée : j’aime beaucoup le résultat, d’autant plus que je ne m’attendais pas du tout à ça.

Prochain épisode : le retour d’expérience sur la peinture à l’argile !


Ce témoignage te donne-t-il envie de te lancer ? As-tu des questions ? La parole est à toi !


2 Comments

  1. Ha !! La fameuse peinture suédoise ! Nous en avons quelques bons litres pour peindre notre serre en récup de fenêtres. Super bon rendu ! J’attends le printemps pour faire un retour d’expérience après 1 an + soleil + froid + pluie (beaucoup) voir ce que ça donne ! C’est cool de voir qu’en intérieur, ça rend tout aussi bien !

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