Permaculture et minimalisme

Dans la famille des modes, je demande le petit dernier : le minimalisme ! Eh oui, bien que le concept de mode tel qu’il est généralement entendu dans notre société soit une plaie (je sais pas qui je suis alors je fais comme les autres), parfois, il peut s’avérer utile… quand il essaime des idées intéressantes !


En l’occurrence, le minimalisme est un mode de vie plutôt intéressant, à contre-courant de l’essence même du capitalisme (même s’il a été détourné pour vendre des trucs hors de prix aux afficionados sous prétexte que « c’est épuré ») et complètement raccord selon moi avec l’esprit de la permaculture.

Euh… minimalisme et permaculture ? T’es sûre ? A-BSO-LU-MENT ! Regarde !

Le minimalisme est dans les gènes de la permaculture. Je t'explique en quoi dans cet article !

L’esprit du minimalisme


Quand je rencontre un concept qui m’intéresse, je me l’approprie. Et je t’encourage à faire de même. Pour moi, il ne peut pas y avoir de dogme (« opinion considérée comme certaine et imposée comme vérité indiscutable » – Larousse) d’un concept si vaste – pas d’autre, en tout cas, que son essence même. D’ailleurs, le concept de minimalisme est si vaste qu’on peut l’étendre à tout, comme la permaculture. Il ne tient qu’à nous de trouver comment.

Dans son nom, le minimalisme te dit de quoi ça cause : pour Larousse, il s’agit de « la recherche de solutions requérant le minimum d’efforts, de bouleversements ». On peut aussi tout simplement lire ça comme « tendre vers le minimum ». Le minimum pour vivre, le minimum pour être heureuse, le minimum pour atteindre un objectif, le minimum de pollution, le minimum de dépenses énergétiques… Tu le vois le lien, ça y est ?

C’est vrai que si tu considères le minimalisme sous l’angle du courant artistique, tu peux avoir du mal à faire un lien avec la permaculture – de mon point de vue, l’art minimaliste, c’est tout de même plaisamment déroutant. Si tu considères le minimalisme comme un mode de vie tendant vers le minimum en toute circonstance, ça devient tout de suite plus parlant. Voilà, permaculture et minimalisme sont faits pour s’entendre (en fait, tout rentre dans la permaculture, c’est génial).

Le minimalisme dans la permaculture


Je ne vais pas te refaire de laïus sur la permaculture, tu as déjà matière à t’exercer le cortex ailleurs sur le blog. Petit rappel contextuel cependant.

Pour d’évidentes raisons d’équité, et en se basant sur les trois éthiques fondatrices de la permaculture (Être attentive à la Terre – Être attentive à la Vie – Prélever la part juste & redistribuer les surplus), la « voie de la permacultrice » est, par essence, une voie de sobriété. Sobriété ne veut pas dire privation ou tristesse ou désespoir ou manque. La sobriété, d’après Robert (je change :P), c’est « le comportement d’une personne qui boit et mange avec modération ». Autrement dit, d’une personne qui satisfait ses besoins – sans gaspillage, sans surconsommation, sans abus.

Ce qui est valable pour l’alimentation l’est pour tout le reste : se chauffer juste ce qu’il faut en hiver, utiliser juste ce qu’il faut d’eau, n’avoir chez soi que ce qu’il faut d’objets, pratiquer juste ce qu’il faut d’activités, etc.

La permaculture pose comme nécessité de départ l’aggradation (si possible) et/ou la préservation de l’environnement : sans « environnement », point de vie. Et comme tu le sais sans doute désormais, le train de vie usuel de l’animal-humain occidental moyen a été démontré comme extrêmement néfaste sur l’environnement en question : il y a trop de tout (pollution, production, gaspillage, déchets, consommation, tout un tas de –tions). D’où cette nécessité de transformer nos modes de vie en tendant vers la sobriété – pas que, bien entendu, mais c’en est une composante essentielle.

Permaculturellement minimalistique – et Mary Poppins


Autre point important qui jette un pont entre permaculture et minimalisme : le principe « chaque élément remplit plusieurs fonctions ». C’est un principe très utilisé en design de permaculture ; outre l’agencement des éléments les uns par rapport aux autres du fait de leurs fonctions respectives et complémentaires, on s’assure généralement qu’un même élément assure plusieurs fonctions. Ce principe permet ainsi d’optimiser le fonctionnement d’un système, de le complexifier et donc de l’enrichir – et d’en augmenter le rendement. Et c’est un principe que tu aurais tout intérêt à étendre à tout ce qui t’entoure, histoire de ne pas t’encombrer avec des trucs à l’utilité limitée – voire inexistante.

Marchant de pair avec lui, on peut également rappeler le principe « chaque fonction est remplie par plusieurs éléments » ; un système doit être résilient. Et, ça peut sembler anti-minimaliste (on se retrouve alors avec la même fonction multipliée), mais ça ne l’est pas tant que ça : si dans un modèle naturel, ce principe est plus que pertinent (tu as bien peu de contrôle sur ce qui se produit à l’extérieur, alors autant assurer tes arrières au maximum), il t’enseigne aussi à repérer les fonctions remplies par les objets.

Ainsi, une fois que tu sais quelle fonction t’intéresse dans un objet, tu deviens à même d’identifier quel autre objet peut remplir cette même fonction – et d’autres en même temps. Et tu peux ainsi déterminer quels objets sont réellement uniques de par la/les fonction-s remplie-s, et ceux qui sont remplaçables – et donc dispensables.

C’est un exercice qui peut paraître fastidieux (et qui l’est peut-être, quand on n’y est pas entraînée) mais qui s’avère extrêmement utile au quotidien et à tout propos ! C’est aussi un exercice très autonomisant et émancipant, et ça, ça n’a pas de prix.

Petit exemple : la cuillère. Quand on pense cuiller (j’en profite pour utiliser les deux orthographes !), on pense « prélever un liquide ou un solide ». Bon. Mais que peut faire la cuillère en plus de prélever et transporter ? Elle peut également étaler avec son dos, voire broyer ou presser. Elle peut servir à étaler un glaçage sur une pâtisserie, ou presser la pulpe d’un citron pour obtenir son jus. Tu viens de te débarrasser, virtuellement du moins, d’un presse-agrume et d’une Maryse. La classe, non ?

Conclusion


Entre le minimalisme, qui fait penser à des pièces très sobrement meublées, et la permaculture, qui projette des images de jardin forêt luxuriant, il n’est pas forcément évident de voir le lien étroit. Et pourtant ! Si le minimalisme n’entraîne pas logiquement vers la permaculture, la permaculture, elle, t’invite à considérer le minimalisme comme l’un de tes nouveaux meilleurs amis. Par respect pour la Terre, la Vie, et pour toi-même : se détacher du superflu, ça fait de l’espace pour les choses vraiment importantes.

Et toi, le lien entre permaculture et minimalisme te paraît-il légitime ? A quelle échelle et quels moments pratiques-tu le minimalisme ? Est-ce une notion que tu souhaites intégrer à ton quotidien ? Racontes 🙂

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