Internet pue des pieds

Derrière cette appellation tout sauf charmante – imagine de vieilles chaussettes et un gros fumet vert fétide qui en émane – se « cache » la triste réalité : Internet pollue. Internet pollue énormément. Internet pollue beaucoup beaucoup trop. Et les responsables de cette pollution, ce ne sont pas (que) les grandes entreprises, mais (surtout) les internautes. C’est-à-dire toi et moi.


Si tu es abonnée à Ze PermaLettre, tu as probablement déjà lu Ze Green Geek Guide qui t’explique tout ce qui va suivre bien plus en détail – auquel cas ton temps sera sans doute bien mieux employé ailleurs. Sinon, je t’invite à poursuivre ta lecture !

Au programme du jour donc : la pollution « invisible » d’Internet et comment réduire son impact au quotidien.

Internet pue des pieds ! Guide explicatif à télécharger

L’utilisation d’Internet : une pollution « invisible » mais réelle


On a souvent du mal à se représenter comment quelque chose d’aussi visiblement anodin à nos yeux qu’un simple clic puisse générer de la pollution. Pourtant, c’est un fait : la navigation sur Internet pollue énormément. Internet est la troisième consommatrice mondiale d’énergie après les États-Unis et la Chine. Rien que ça.

Et c’est d’autant plus terrible que nos sociétés occidentales tendent à rendre l’utilisation de cet outil – par ailleurs formidable à certains points de vue – obligatoire. Cette obligation d’utilisation s’accentue avec les années et pousse toujours plus loin… Autant dire que comprendre les sources de cette pollution et faire de son mieux pour la limiter est plus nécessaire que jamais – et c’est pas près de s’arranger.

Car si les infrastructures physiques constituant le réseau représentent la moitié de la « pollution Internet » à ce jour, l’autre moitié découle uniquement de l’utilisation qui en est faite. E-mails, recherches, vidéos, musique, stockage de documents en cloud, utilisation de logiciels divers et variés… La liste s’allonge en permanence.

Pour reprendre l’exemple cité par Mr Mondialisation dans son article très complet sur le coût écologique astronomique d’Internet, l’envoi d’un e-mail avec une pièce jointe équivaut à une ampoule basse consommation allumée pendant une heure – 5 fois mois sans pièce jointe. Sachant qu’en 2018, on évalue à 281 milliards le nombre d’e-mails envoyés dans le monde… par jour – et hors spams ! Faire tourner 15 centrales nucléaires pendant 1h ne permet d’envoyer QUE 10 milliards de mails. Tu fais le calcul ?

Les e-mails font, en outre, partie des gestes en ligne les moins énergivores, loin derrière le visionnage de vidéos, l’écoute de musique, sans parler de l’utilisation de logiciels en ligne… Bref, le gaspillage énergétique généré par l’utilisation quotidienne démentielle d’Internet dans nos sociétés « modernes » est monstrueux, la pollution générée tout autant… et ça risque d’être compliqué de manger ses e-mails quand la terre sera morte ou de soigner nos cancers avec des likes. Si tu vois ce que je veux dire.

PCs, smartphones, tablettes, tous dans le même bateau !


Bien, on a parlé des 50% d’émissions de gaz à effet de serre générés par l’utilisation d’Internet dans ses usages les pas-forcément-plus-indispensables-qui-soient, qu’en est-il donc des 50 autres % ? Il s’agit bien entendu de toute la partie physique : câbles, antennes, data-centers et… terminaux.

Les terminaux, ce sont les « box », les PCs, les smartphones, les tablettes, tous ces objets qui te permettent d’accéder à Internet, d’une façon ou d’une autre. Si le fonctionnement d’un terminal a un coût non négligeable, ce coût est ridicule par rapport au coût de fabrication dudit terminal.

Il faut, bien entendu, de l’énergie pour faire tourner toutes les machines qui fabriquent les composants de chaque terminal, de l’énergie pour empaqueter, pour acheminer vers l’autre bout du monde, ce qui représente déjà une pollution énorme. Mais il y a un autre coût écologique dont on ne parle pas souvent s’agissant de la fabrication de ces terminaux électroniques que certaines affectionnent tant : les métaux et terres rares.

Les métaux et terres rares sont nécessaires à la fabrication de certains composants de tous les appareils électroniques, en particulier informatiques. Ces éléments sont – comme leur nom l’indique – très rares, et leur extraction est extrêmement polluante, sur le moment mais également sur le long terme. Ce sont des régions entières dévastées, des villages entiers devenus impropres à la vie mais habités quand même par les ouvrières et leurs familles, qui meurent des cancers dus à cette pollution par milliers. Ces villages ont écopé du joli nom de « villages du cancer ». Et je ne te parle même pas des non humains qui en prennent évidemment pour leur grade dans l’opération.

Pour chaque terminal acheté et utilisé dans le confort d’un petit coin propret à l’autre bout du monde, c’est donc des régions entières de la planète qui sont dévastées et des milliers de vies anéanties. Loin des yeux, loin du cœur.

Polluer moins sur Internet : quelques pistes


Tout ça, c’est très très TRÈS moche, et c’est important de la savoir et d’en avoir conscience chaque fois qu’on clique, chaque fois qu’on bidouille, chaque fois qu’on envisage d’acheter encore un nouvel appareil. Comment faire changer les choses si l’on ne sait pas ce que l’on fait ?

Il y a donc pas mal de bonnes habitudes à prendre pour devenir une internaute responsable. Et si l’ampleur du désastre te fait penser que ta goutte d’eau ne changera rien dans l’océan, imagine juste un instant : que se passerait-il si tout le monde faisait comme toi ? Il y a aujourd’hui plus de 7 milliards d’humains sur terre. Fais ton calcul ! 7 milliards fois « un petit geste », ça devient tout de suite énorme – en bien comme en mal.

Pour réduire autant que faire se peut notre empreinte carbone quand on utilise Internet, on peut adopter quelques gestes simples – liste non-exhaustive :

  • Supprimer ses mails après lecture
  • Abandonner l’utilisation de la fonction « Répondre à tous » et « cc » – utilise cci
  • Ne pas envoyer de pièce jointe si ce n’est pas VRAIMENT nécessaire
  • Stocker le moins de fichiers possible en cloud et les supprimer dès que possible
  • Écouter de la musique/regarder un film depuis son poste plutôt qu’en streaming
  • Renoncer à avoir PC ET tablette ET smartphone – un seul suffit
  • Effacer tes fichiers, photos et autres « j’aime » de tes réseaux sociaux
  • Mettre les sites que tu visites régulièrement en « Favoris » pour ne pas avoir à les rechercher chaque fois

Et avec tout ça, tu auras déjà fait un grand pas !

Pour aller plus loin


Pour approfondir ce sujet complexe et si important, j’ai écrit il y a quelques mois un guide – Ze Green Geek Guide – qui explique plus en détails le fonctionnement d’Internet, pourquoi et comment ça pollue, ce que coûtent les data-centers et bien d’autres choses encore – et j’ai mis, évidemment, beaucoup d’amour dans l’écriture de ce guide.

J’y donne aussi davantage de pistes pour changer ses habitudes d’utilisation d’Internet et réduire son impact.

Et je t’offre ce guide pour fêter ton inscription à Ze PermaLettre ! Alors si cet article a piqué ta curiosité et que tu veux en savoir plus et t’améliorer, n’attends plus et rejoins la tribu !

Et toi, savais-tu qu’Internet polluait tant ? Que fais-tu au quotidien pour réduire ton impact ? Raconte-nous tout !

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4 Comments

  1. Cet article est absolument génial !

    Voilà bien longtemps que je n’avais pas appris quelque chose de « nouveau » sur l’écologie. Je savais évidemment qu’internet pollue un max, mais je n’avais jamais rien lu qui rende la chose concrète et qui explique plus en profondeur l’impact d’un visionnage de vidéo, par exemple.

    Je me rends compte que sur ce coup-là, j’ai énormément à revoir, c’est une catastrophe !

    J’essaie déjà de soigner mon addiction au net mais même en faisant très attention à ma consommation … Je regarde tout en streaming, j’écoute la musique en streaming … J’écris sur des logiciels en ligne pour le blog, notamment. Pour le travail, tous nos documents sont partagés sur des clouds, j’utilise beaucoup de logiciels en ligne !

    Moi qui pensais qu’au contraire, stocker en ligne et consommer en streaming était « mieux » (je me demande d’où m’est venue cette idée tant c’est évident que non !) …

    Ton article me remet à ma place. Merci !

    1. Pour le visionnage de vidéos en streaming en fait c’est « un peu plus compliqué que ça » ; disons que pour une vidéo que tu ne regardes qu’une fois, je ne suis pas sûre à 100% que télécharger soit plus avantageux que « streamer ». Par contre, à partir du moment où tu visionnes plus d’une fois, c’est plus propre de télécharger et de regarder depuis ta propre machine 🙂 Pour les vidéos en fait, leur simple stockage en ligne est extrêmement énergivore puisque les fichiers sont bien plus gros – et leur lecture demande davantage de ressources que le simple affichage de texte par exemple.

      Je pense qu’on a toutes eu cette idée que « en ligne, c’est mieux », et c’est normal puisqu’on ne voit pas toute la machinerie que ça implique – ça a l’air très simple, très propre du point de vue de l’utilisatrice. On part du principe que puisque c’est pratique, alors c’est bien, et je suppose qu’on généralise ensuite cette sensation de bien à tout le package.

      Merci à toi d’être passée !

    1. Ravie que Ze Green Geek Guide t’ait intéressée, ça me fait très plaisir de te « l’entendre » dire =)
      C’est sûr que si l’information circulait davantage, ce serait vraiment une bonne chose… Dommage que si peu de médias s’y intéressent :-/

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