#OrdinaryHeroine EP2 : pause inspiration avec Rosa B., l’artiste derrière Insolente Veggie

Pour ce deuxième épisode de la série #OrdinaryHeroine, les interviews qui mettent en lumière des femmes inspirantes le premier lundi de chaque mois, j’ai la grande joie d’accueillir Rosa B, le cerveau (et le crayon !) derrière la BD humoristique engagée Insolente Veggie !


L’occasion d’en savoir un peu plus sur Rosa, son parcours, ses idées. Et aussi de souligner la sortie prochaine – le 18 octobre 2018 ! – du tome 4 de l’excellente série BD Insolente Veggie !

Envie d'en savoir plus sur Rosa B, l'artiste derrière la BD engagée Insolente Veggie ? Viens par ici, elle a accepté de répondre aux questions sur Ze PermaLab !

Peux-tu nous raconter tes tribulations artistiques ? Qu’est-ce qui t’a amenée au dessin/à la BD ? Quand t’y es-tu lancée ? Comment ? A quoi ressemblaient tes premiers dessins ? (j’ai lu quelque part une sombre histoire de gerbes de sang jaillissant des bras coupés du Père Noël… :P)


Quand j’étais petite je dessinais bien sûr, presque tous les enfants dessinent, mais j’ai fait comme tout le monde, j’ai arrêté à l’âge adulte. J’avais quand même un faible pour les dessins rigolos, je me souviens avoir dessiné de fausses pubs, des choses comme ça.

Je me suis remise au dessin parce que quand je suis devenue vegan, les gens se sont mis à me dire des choses invraisemblables (des histoires de carottes qui crient, de dents qui tombent… vous les connaissez!). Je me disais que ça ferait de bonnes BD, j’en lisais beaucoup à l’époque, mais il n’en existait pas sur le sujet. J’ai juste pris un stylo et dessiné quelques trucs en disant « ça ressemblerait à ça si ça existait, huhu ».

De fil en aiguille, c’est moi qui ai fini par dessiner les BD que j’avais envie de lire.

Pourquoi est-ce important pour toi de dessiner ? Qu’est-ce que ça t’apporte ? Qu’est-ce que tu aimes dans le dessin ?


Oh je sais pas si c’est particulièrement important, peut-être que faire des vidéos, des textes, m’irait aussi bien.

L’important, c’est vraiment le message. J’ai pris cette habitude alors ça me va.

Est-ce que tu peux nous raconter comment ça se passe, la création d’une nouvelle planche ? De l’idée (où tu l’as pêchée, ce qui te fait réagir, le temps que tu y passes, les étapes, etc.) jusqu’à la publication.


La plupart du temps, ça se passe de la façon suivante : quand j’entends une connerie dite à propos des animaux, de l’élevage, ça m’agace. Si je l’entends plusieurs fois, je me dis mais c’est pas possible, pourquoi les gens pensent ça ? C’est complètement con !! Je commence par noter quelques idées sur un carnet ou une feuille volante que je perds instantanément (ils doivent être dans un vortex avec mes baumes à lèvres et mes élastiques à cheveux). Quand je réentend le même truc, je me dis « j’avais noté des trucs sur une feuille mais putain ou je l’ai foutue macarel ?» et à un moment je finis par me poser à une table, très en colère (parce que la connerie ça me met en colère, et en plus je suis énervée de pas retrouver ma feuille, et si mon ordi fait une mise à jour à ce moment là c’est encore pire). Je commence à dessiner ce que j’ai en tête, et quand je me relis, ben ça fait un truc rigolo (apparemment quand je suis en colère je suis marrante). Je fais relire à des proches et s’ils trouvent ça bien, je publie.

Parfois, je me dis juste « tiens, ce serait bien de faire une BD sur Zoopolis, c’est un très bon livre qui change la façon de voir les choses, mais les gens n’ont peut-être pas le temps de lire un aussi gros pavé, je pourrais le résumer en BD »

[En attendant la BD sur Zoopolis, tu vas pouvoir patienter avec le tome 4 d’Insolente Veggie qui sort très bientôt !]

Insolente Veggie est assise sur le cadavre d'une vache, l'air crispé. Une amie lui apporte des verres remplis de liquide rouge en lui demandant, l'air de rien : "Comment ça va toi ?" "Impec"
« Quand je suis assise sur un canapé en cuir »

Comment t’es-tu retrouvée à travailler avec les éditions La Plage ?


C’est expliqué dans la première BD de mon premier tome ! Y’en a qui suivent pas ici !

Tout le monde me disait de faire un livre, mais je n’étais pas emballée par l’idée. Quand les éditions LaPlage m’ont contacté, j’ai un peu roumégué mais j’ai fini par accepter.

Vis-tu de ton crayon ?


Malheureusement non, c’est très dur à l’heure actuelle de vivre de la BD, j’ai fait une BD pour expliquer ça et j’ai ouvert un Tipeee car je souhaite passer un maximum de temps à faire de la BD pour les animaux.

Tes planches sont-elles intégrées telles quelles dans les recueils ou as-tu de la retouche à faire ? Les recueils contiennent-ils des planches « exclusives » ?


Je fais quelques modifications, je corrige des fautes d’orthographe, je refais la mise en page pour que ce soit plus adapté au format livre… Et oui je mets des planches exclusives dans les livres, certaines planches s’intègrent très bien dans un livre mais je les trouverais un peu « déconnectées » publiées sur le blog.

Qu’est-ce que ça représente pour toi, le fait d’être publiée en tant qu’artiste engagée ? Un espoir ? Une motivation ? Rien ?


Je réalise pas trop, j’ai vraiment beaucoup de chance…

Dessines-tu uniquement les BDs que l’on te connaît ou réalises-tu également d’autres projets en dehors de ça ?


Oh non je cache pas de BD ! Parfois je fais des dessins pour des proches, pour me moquer de leurs enfants, une caricature de leur boss qu’ils affichent au boulot, rien de plus.

Quand et comment es-tu devenue végane ? Qu’est-ce qui t’a amenée à cette démarche ? Quelles étaient tes motivations ? Comment s’est passée ta transition ?


En 2006-2007, je faisais mes études en Irlande, et ma colocataire était une Irlandaise végétarienne. Moi, je me faisais envoyer du saucisson et de l’aligot par la poste.

Un jour je lui ai proposé du poulet et elle m’a dit « non merci, je suis végétarienne ». J’ai juste dit « ah bon ».

Quelques jours plus tard je lui ai demandé « et pourquoi tu es végétarienne ? ». Elle m’a juste dit « parce que je ne veux pas qu’on tue d’animaux ». Ah bon. Pour moi c’était un truc d’Irlandaise, au même titre que de remplacer son repas du soir par de la bière ou détester les anglais.

Un jour, il pleuvait, je m’ennuyais et je me suis renseignée sur le végétarisme sur internet. A la fin de la journée, j’étais convaincue qu’elle avait raison, et j’avais la désagréable impression qu’on s’était foutu de moi en me faisant croire que manger de la viande était normal.

Quel impact ta transition vers le véganisme a-t-elle eu sur ta vie sociale ? Sur ta santé ? Ton bien-être ?


Quasiment aucun sur la vie sociale, j’avais déjà une (désagréable) tendance à trouver pas mal de gens couillons, ça a pas changé, ça s’est juste amplifié.

Sur la santé, je sais pas si je peux relier ça au véganisme, mais j’ai moins d’allergies, moins souvent de petites maladies du style rhino, gastro… j’ai ressenti ça sur le moment, mais là ça fait plus de 10 ans, je n’y pense plus.

Qu’est-ce que le véganisme t’apporte au quotidien ? Le vis-tu comme une force ? Une contrainte ? Un soulagement ? Une responsabilité ? As-tu le véganisme joyeux – quand tu ne démontes pas les réflexions pas très futées qui t’agacent ? ^^


Oh je m’en rends même plus compte, depuis le temps ! Pour moi, ne pas consommer de produits animaux, c’est un peu comme ne pas mettre de coups de pieds dans le visage des enfants que je croise dans la rue, ne pas agresser des vieux pour leur piquer leur porte-monnaie, ne pas arracher les oreilles du caissier avec mes dents… C’est normal, quoi. C’est juste quand les gens me font des réflexions bizarres que je me rappelle que je suis vegan.

Comment vis-tu le fait d’être une femme au quotidien ? Et celui d’être une femme qui dessine avec humour (noir) ?


Pareil qu’être vegan, je m’en rends pas compte. Sauf quand je suis à moto, si mes cheveux dépassent du casque, les automobilistes se mettent à avoir des comportements dangereux. Et aussi quand dans la rue des gens me disent « hé mamoiselle, t’es bonne », je me dis « qu’est-ce qu’il a ce con ? ».

Pour le dessin, il y a des choses, je pense qu’on me les aurait pas dites si j’étais pas une femme : «c’est girly ». Sans blague.

Pour toi, le monde idéal, ça ressemble à quoi ?


Au monde qui se rapprocherait de celui qui est décrit dans Zoopolis !

Un grand merci à Rosa de s’être prêtée au jeu !

Pour ne plus rien rater des actualités de Rosa B, l’Insolente Veggie, tu peux :

Et toi, connaissais-tu Insolente Veggie ? Te sens-tu inspirée par l’histoire de Rosa ? Vas-tu te lancer dans la création de ce que tu aimerais lire/voir/entendre ?

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