Ces trucs sexistes que j’ai faits et qui me font hurler

Parce que les actions sexistes ne sont pas l’apanage de nos concitoyens humains XY et assimilés, loin s’en faut, je me suis dit qu’il était de bon ton, pour une fois, de jeter un œil (et l’opprobre !) sur le sexisme ordinaire envers les femmes par les femmes. Et plus spécifiquement, envers moi par moi.

Et puisqu’il est plus facile de critiquer les autres que soi, je m’en vais te faire cette liste au passé, parce que l’une de mes moi d’avant était une personne avisée qui a eu le bon goût de finir par dire stop aux conneries – non, je n’ai pas de problème de dissociation de la personnalité, et toi ?

Note aussi que cet article est rédigé sans délicatesse lexicale aucune, et que tu vas croiser des gros mots. Oui, oui, carrément.

Parce que le sexisme est partout, même là où on ne l'attend pas, autant le débusquer avec humour.

Mettre des soutien-gorge


Mais pourquoiiii ?! Pourquoi se faire subir ça ?! Y a-t-il chose plus chiante et pénible que le soutien-gorge ? La réponse est oui. Mais quand-même.

Genre, on te prend à l’adolescence, quand t’as encore rien qui te distingue vraiment des autres, et on t’assène avec un air très sérieux : « désormais, tu porteras un soutien-gorge. » « Pourquoi ? » « Parce que si tu ne le fais pas, tu auras les seins qui tombent, comme les Africaines ! » (éviter à ce moment-là de demander « mais comment ça se fait que les tiens tombent alors puisque tu portes des soutien-gorge ? », c’est pas vraiment une bonne idée) Tissu de conneries bien entendu, mais quand on te balance ça dans la face et que t’y connais rien – et puis t’es jeune et influençable, tu fais encore confiance aux plus vieux que toi parce que tu penses encore, naïve, qu’ils sont plus sages et réfléchis que tu ne l’es. Poilade du siècle. – ben tu y crois et tu fais ce qu’on te dit. Sans trop te poser de questions. LA grosse erreur.

Trop serré, ça gratte, ça pique, ça bouge, ça glisse – ne me regarde pas de travers, je sais que toi aussi tu as vécu ces épisodes d’agacement suprême de la bretelle qui se barre, la gêne subtile du sein sous l’élastique/la baleine – c’est de toute façon JAMAIS à la bonne taille (mais comment est-ce qu’ils se démerdent, sans blague ?!) et en plus c’est systématiquement rembourré – parce que bon, faudrait quand même pas se montrer sous son vrai jour, arrêtons les conneries cinq minutes. Et, mais bagatelle que cela, ça comprime la poitrine, ça réduit l’amplitude des gestes, ça écrase. Pour les sensations enivrantes de liberté, on repassera. Ah oui et du coup, tu passes ton temps à complexer et à te dire que tes seins ne sont pas comme il faut parce que si c’était le cas, tu te sentirais forcément bien dans cette merveilleuse invention qui te protège de la déchéance. Oui, oui, réfléchir à l’envers est un art à part entière.

Merci les gars pour ce cadeau sublime ! J’ai ici un tout nouveau modèle de porte-couilles à souder au nombril. Un volontaire ?

Me maquiller


Ça, c’est vraiment un truc qui me rend ouf : pourquoi, mais pourquoi se maquiller ?! Qu’est-ce qu’y a, y’a que les bonhommes qui ont le droit d’être moches en toute impunité ? Parce qu’on est une femme on doit forcément avoir honte de notre reflet et essayer de camoufler ça sous des couches de saloperies ? Et tout ça pour quoi ? Pour s’entendre dire qu’on passe trop de temps dans la salle de bain et qu’on se préoccupe trop de notre image ?!

Quand je pense à tout ce temps que j’ai perdu à essayer de faire des traits d’eye-liner droit – bien sûr, y’en avait toujours un plus haut que l’autre. A essayer de cacher ces boutons – qu’on voyait de toute façon quand même, quoi que je fasse. Fatalité ? Je ne crois pas ! – qui, m’avait-on dit, ne partiraient qu’avec l’âge ou la pilule (mais revoir l’alimentation, toussa toussa, jamais hein). Quand je pense à toute cette énergie gaspillée, à toute cette matière première bousillée, à toute cette frustration, ces Téra-kilomètres de complexes !!! Rhaaaa !!!

En fait, quand je repense à tout ce mal que je me suis fait, j’ai envie de me faire un câlin et de me demander pardon – oh ben tiens, en voilà une bonne idée.

Me trouver trop grosse


Et faire des régimes. Pas changer mon alimentation, non. Me priver. Me faire avoir faim. Pour perdre du gras imaginaire et ne jamais atteindre une minceur satisfaisante.

Concrètement, mis à part une certaine période de ma vie très identifiable où j’avais atteint le stade « demander à un pote d’essayer de fermer le bouton de mon jean parce que je n’y arrive pas » (l’alcool et le chocolat, c’est cool, mais faut pas abuser tu vois) (et non, le pote n’a pas réussi à fermer le jean…), je n’ai jamais eu besoin, d’un point de vue de la santé, de surveiller un éventuel surpoids. Très objectivement, j’aurais tout à fait toujours pu en avoir rien à foutre. Mais non.

Alors, je me suis affamée. Et j’ai pensé à la bouffe tout le temps – je crois même avoir rêvé de Carambar à la fraise, c’est dire. Et ça m’a horriblement frustrée. Sans jamais servir à rien, puisque ce n’était jamais assez.

Alors vous êtes bien gentils avec vos modèles squelettiques Lagerfeld and co, mais vous allez arrêter de nous gonfler : on a la ligne qu’on a, et on vous emmerde ! Et si vous ne savez pas faire de vêtements dans lesquels des femmes peuvent entrer sans s’affamer, c’est vous qui êtes nuls. Pas nous qui sommes mal foutues. C’était le message d’amour aux créateurs de mode.

Me prendre la tête au sujet de mes cheveux


Rions trois fois par saccades de deux : ha-ha, ha-ha, ha-ha.

Dans la continuité du reste : les cheveux ne sont jamais comme ils devraient être. Jamais. Tu as remarqué toi aussi cette constante ? Quand ils sont frisés, c’est nul, raides, c’est nul, bouclés, nul aussi. Finalement, le problème, c’est ces cheveux-là, ces cheveux qui sont les tiens.

Chaque fois qu’ils m’ont gonflée, j’ai tenté un truc. Teinture, nouvelle coiffure, coupe. Rien n’y a jamais fait : c’était toujours frustrant, décevant. Et, surtout, surtout, quel temps j’ai perdu avec ça – de quoi lire le Talmud !!! Et comme je me suis fait souffrir à me tirer le cuir chevelu pour avoir des trucs hyper lisses (mais y’avait toujours au moins une micro bosse quelque part qui gâchait tout) (sensation chute du scalp, tu connais ?) !!! Et quel argent j’ai gâché à m’acheter des trucs et des bidules en espérant qu’ils m’aideraient !!! Et comme je les ai abîmés à les peinturlurer, les lisser, les sécher !!!

J’aurais été un bonhomme, j’aurais tondu, rasé, et tout le monde m’aurait foutu une paix royale. On n’aurait jamais rien vu, rien remarqué. Moi non plus, d’ailleurs. Chacun chez soi et les moquettes auraient été simplement bien taillées. Mais là, il fallait que ce soit, sinon parfait, au moins époustouflant. Rien que ça.

Je dois t’avouer que me « coiffer » (comprendre « accorder du temps à mes cheveux quelle que soit l’activité considérée ») me casse toujours autant les pieds. Alors je prends des mesures radicales – la tondeuse, c’est top -, et je ne me pose plus de question autre que « est-ce que c’est assez pratique au quotidien ? ». Je ne m’arrache désormais plus les cheveux 😛

Mettre des chaussures à talon


J’en ai eu, des chaussures à talon. Et pas des petits talons, non, des grannnnnds talons. Parce que quitte à ne pas pouvoir marcher normalement et faire un vacarme de tous les diables, autant que ce soit pour quelque chose. Effectivement, je ne fais pas les choses à moitié, je te félicite pour ton sens de l’observation, tu m’épates.

Pourtant, je me suis toujours dit que c’était chiant, les talons – on n’est pas à une contradiction près. Comme dit précédemment, ça fait du bruit, beaucoup de bruit (et j’aime pourtant être discrète, en général). Ça rend potentiellement impraticable tout terrain inégal – les petits pavés « rustiques » en ville perdent tout de suite beaucoup de leur charme. Ça réduit l’amplitude des enjambées et donc, ça ralentit. Mais surtout, surtout, ça dégomme le dos et les genoux – entre autres.

Broutille, évidemment, que la santé. Joli est plus important que bien portant. Alors je me suis dézinguée. Même si je le savais. Même si je le sentais.

Quelle idée, franchement ! C’est pas aujourd’hui que je vais me décerner la médaille du bon sens, j’te l’dis !

Conclusion


Toutes les bonnes choses ont une fin, alors j’arrête l’auto-clash pour cette fois. Si cette petite séance de flagellation sur la place publique t’a enthousiasmée, n’hésite pas à me le faire savoir en commentaire ; je pourrais bien être tentée de recommencer – voire d’en faire une série à multiples épisodes, sans autre rebondissement que celui de ma paume (virtuelle) sur ma joue (virtuelle aussi).

Et toi, qu’est-ce que tu t’es fait de sexiste qui te fait hurler ?

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4 Comments

  1. Hello Anne-So 🙂 Sympa, cet article, j’étais passée à côté !! Tout à fait raccord avec mon article sur les cheveux, en effet ! Moi, la chose qui me fait le plus hurler parmi tous ces trucs, c’est bien le soutif. Mais A QUOI SERT CE TRUC ???? En plus, faisant un petit 85B, plus le temps passe, plus je me dis mais POURQUOI je me suis acharnée à en porter un pendant des années ? Et contrairement à la légende urbaine, mes seins ne tombent absolument pas, ils tiennent parfaitement bien tout seuls ! Talons, je n’en porte presque plus pour cause de dos flingué et je m’en passe bien. Maquillage, je fais le strict minimum, avec petites fantaisies mais uniquement quand J’EN ai envie (et si je dois passer des semaines sans, ça ne me gêne pas le moins du monde). Aller, merci pour ce partage et j’ai confiance, NOUS VAINCRONS 😛 Belle semaine à toi

  2. « Qu’est-ce qu’y a, y’a que les bonhommes qui ont le droit d’être moches en toute impunité ? » Aahhhh ! J’applaudis des deux mains et avec les pieds aussi ! je me fais exactement la même réflexion depuis longtemps. Les hommes, on les prend comme ils sont et on les aime sans apparat. Ca me tue qu’il n’en soit pas de même pour les filles. Célibataire, j’observe beaucoup se qui se passe autour de moi ces derniers mois. Et je constate avec tristesse que en présence de filles, s’il y a un seul type, il ira souvent vers la plus pimpante (maquillage, robette, talons). Je trouve cela profondément injuste, mais il ne faut pas céder ! Force et robustesse !

    1. C’est même pire que de prendre les hommes tels qu’ils sont : ce qui est considéré comme un défaut chez les femmes est glorifié chez eux ! Liste non exhaustive : l’âge, les cheveux blancs, « l’expérience ». Je me souviens même d’un échange avec un photographe qui photoshopait à mort ses modèles féminins et qui m’avait dit un truc comme : « les femmes, c’est important que ça soit lisse. Par contre, quand on fait un portrait d’homme, c’est important de faire ressortir le grain de peau, les petits défauts, les points noirs. » J’en suis restée comme deux ronds de flan à l’époque…

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